L'agriculture, des milliers d'emplois pour Bruxelles ?

Rédaction en ligne

jeudi 12 juillet 2012, 12:18

Développer l'agriculture et l'alimentation durable à Bruxelles permettrait de créer 7.755 emplois, selon une étude menée par les facultés Saint-Louis et le bureau d'études Greenloop. Alors que le taux de chômage à Bruxelles atteint les 20 %, le gouvernement étudie toutes les pistes afin de créer des emplois, surtout pour les personnes peu qualifiées et les jeunes.

L'agriculture, des milliers d'emplois pour Bruxelles ?

: Le Soir/Alain Dewez

Pour leur étude, les chercheurs ont fait le pari que le gouvernement bruxellois encouragerait l'alimentation durable en subsidiant le secteur, laissant des terrains au maraîchage, encourageant les cultures sur les toits. L'agriculture envisagée est le maraîchage de fruits et légumes ainsi que l'aquaponie (combinaison entre la pisciculture et le maraîchage, l'eau des poissons arrosant les plantes).

« En prenant les terres agricoles encore présentes à Bruxelles, les terrains vagues, les jardins et les parcs, nous obtenons un potentiel de 908,4 hectares pour le maraîchage en pleine terre, explique Gauthier Chapelle de Greenloop. Bruxelles dispose également de nombreux toits plats. Nous pourrions installer des cultures et de l'aquaponie sur 394,8 hectares de toitures. »

Soit un potentiel de 1.303,2 hectares, l'équivalent de 1.793 terrains de foot. Bien sûr, certains terrains devraient être dépollués et les toits aménagés. À Paris, ville où l'agriculture se développe tout doucement, le potentiel de zones cultivables sur les toits est de 300 hectares.

En se basant sur des expériences menées au Canada et aux Etats-Unis, les chercheurs ont estimé qu'il fallait 4 personnes pour cultiver un hectare en ville. En extrapolant, ils arrivent ainsi à un potentiel d'emploi de 6.000, uniquement pour la production. Aujourd'hui, l'agriculture biologique bruxelloise met au travail 28 personnes.

Des emplois seraient aussi créés dans le domaine de la transformation agro-alimentaire, de la distribution, de l'horeca, du traitement des déchets (mise en place de collectes de déchets de cuisine et de la biométhanisation), de la formation et de la recherche. Ces emplois bénéficieraient surtout aux Bruxellois peu qualifiés.

Pour assurer des débouchés à cette agriculture urbaine, les pouvoirs publics pourraient encourager les cantines de collectivités, d'écoles et de homes à utiliser les produits bruxellois. « Si les gens se nourrissent mieux et avec des produits de saison cultivés près de chez eux, nous réduisons les émissions de CO2 et nous améliorons leur santé, conclut Evelyne Huytebroeck. Au final, l'agriculture en ville lancerait une nouvelle dynamique, améliorant la cohésion sociale. »

Un premier projet-pilote d'envergure sera lancé sur le toit de 3.000 m2 de la nouvelle halle alimentaire des abattoirs d'Anderlecht. Tout un symbole pour ce ventre de Bruxelles.

Du côté du ministre bruxellois de l'Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), on se montre sceptique : « Je pense que c'est une étude sympathique mais nous devons être très prudents sur les chiffres. Créer près de 8.000 emplois fait rêver mais nous pouvons vite déchanter et j'émets donc quelques réserves quant à la faisabilité d'un tel développement. »

V.Lh. (édité par CDP)

Dossier complet à lire dans Le Soir de ce jeudi.