Les couleurs bruxelloises hissées haut

PATRICE LEPRINCE

mercredi 01 août 2012, 10:06

Les couleurs bruxelloises hissées haut

Le M34 aux couleurs de la Région bruxelloise a fait belle figure cette année, pour sa vingtième participation au Tour de France à la voile Les Bruxellois ont même remporté deux manches © Jean-Marie Liot

C’est un fameux cap que vient de passer le voilier affrété par la Région bruxelloise. C’est qu’il a pris part, pour la vingtième fois, au Tour de France à la voile, une régate internationale réunissant le gratin maritime durant près d’un mois. Partis de Dunkerque le 29 juin, les participants ont rallié la Seyne-sur-mer, le 26 juillet. En lice, une quinzaine d’équipages dont un tiers d’amateurs pur jus. Parmi eux, donc, des Bruxellois. Et ils se sont distingués cette année. Il faut dire que pour cette édition très particulière, nos représentants ont pu compter sur un renfort de choix en la personne de Bertrand Pacé (lire par ailleurs) venu partager son expérience et son talent.

Sous la houlette du skipper, les 15 membres d’équipage ont été priés de souquer ferme. « Il était très exigeant, reconnaît Timothée Deplasse, 22 ans, qui participait pour la deuxième fois à la compétition. C’est un pro alors que nous ne sommes que des amateurs. Moi, je suis étudiant et je n’ai pas vraiment la possibilité de m’entraîner tout au long de l’année. Mais pouvoir naviguer avec des pros dans une régate reconnue internationalement était une formidable expérience ».

Deux manches dans la poche

Petit Poucet parmi les grands, l’équipage belge s’est bien débrouillé malgré le manque de moyens. « Alors que les pros peuvent compter sur quelqu’un pour préparer le bateau à terre pendant qu’ils se reposent à l’hôtel, nous devions tout faire nous-mêmes, du coup on ne se couchait jamais avant 23h ou 23h30 ». Sous tente. Ce qui n’est pas toujours très confortable notamment en cas de pluies ou de fortes chaleurs. Qu’à cela ne tienne, l’expérience a toutefois permis de souder l’équipage. « On a tout partagé durant un mois ». Les bons comme les mauvais moments. « Parmi mes meilleurs souvenirs figurent bien sûr ces deux manches remportées (sur 33), à Dunkerque et à Dieppe, c’était la première fois que le bateau bruxellois en remportait une ». De la joie donc mais aussi des déceptions. « Lors de la dernière étape, nous étions premiers à minuit et nous avons terminé 13e à 8 heures du matin à cause de la météo et parce que nous avons commis un écart de route, nous étions très déçus ». Une déception bien vite évacuée à l’heure du bilan. « C’était une super-chouette aventure, conclut Timothée, grâce à Mady qui s’est occupée de tout ».

Mady. Mady Fobert, celle qui se démène chaque année pour dégoter les fonds contre vents et marées depuis 1992 date à laquelle cette femme de marin « qui a aussi épousé la mer au passage » a fondé l’association Bel Yachting. Le but, permettre aux jeunes de pratiquer une discipline pas toujours aisément accessible mais aussi de se frotter aux as de la navigation. En 20 ans, ils sont plus de 400 à être montés à bord. Même si les moyens ne sont en rien comparables à ceux des grandes écuries. « La recherche de sponsors m’occupe toute l’année, reconnaît Mady Fobert. Son budget pour le Tour est de 60.000 euros, dont la moitié est versée par la Région bruxelloise. « Mais une ville comme Dunkerque s’appuie sur 350.000 euros ». Alors, elle n’est pas peu fière, Mady, quand ses moussaillons s’illustrent sur les flots. « On a fini 12e sur 15 au général, avec deux manches remportées, c’est vraiment pas mal lorsque vous voyez le niveau du Tour ».

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