Schaerbeek ne veut plus des trams 2000
PATRICE LEPRINCE
jeudi 02 août 2012, 08:49
Un arrêté d'interdiction pour le tram 62 ? C'est la menace brandie par la commune de Schaerbeek, qui estime que la Stib traîne pour règler les nuisances engendrées par les T2000 sur la ligne 62.
Dominique Rodenbach
La plus petite ligne du réseau stibien fait décidément beaucoup de bruit, à Schaerbeek. C'est que les vibrations engendrées par le passage du 62 qui relie Bordet à la place des Bienfaiteurs font bondir les riverains de l'avenue Rogier. En cause, l'utilisation de trams 2000. Au printemps, suite à la mobilisation des habitants, la Stib a entrepris la pose d'un tapis anti-vibratoire. Un échec, avaient alors constaté les plaignants (Le Soir du 8 mai).
Soutenus dans leur combat par la commune qui, le 24 juillet dernier, a adressé un courrier à la direction de la Société de transports en commun, a révélé la DH. « Les nuisances insupportables sont toujours bien là et la patience des riverains est à bout », écrit ainsi le bourgmestre Bernard Clerfayt (FDF). Et la commune de rappeler que les nuisances sonores et vibratoires ont pu être objectivées par les rapports établis par Bruxelles-Environnement et le bureau Aries. Le mayeur souligne encore que la Stib avait annoncé des mesures pour l'été comme l'utilisation d'autres modèles de tram ou la pose d'un limitateur de vitesse. Sans toutefois donner de calendrier précis. « Nous ne pouvons attendre la fin de l'été », lit-on dans le courrier. Le bourgmestre demande à la Stib de ne plus recourir aux T2000 tant qu'une solution n'a pas été trouvée. Sinon, la commune « vu les graves atteintes à la tranquillité publique » se dit prête, dès le 6 août, à prendre un arrêté d'interdiction.
La Stib avance une réponse prudente. « Des tests complémentaires sont actuellement en cours », indique Françoise Ledune, la porte-parole qui précise qu'une réunion avec Schaerbeek est prévue la semaine prochaine.
Parmi les destinataires du courrier, le vice-président de la Stib est, lui, beaucoup plus incisif. Il exige qu'une solution soit trouvée. Et vite ! « Un arrêté d'interdiction à l'égard d'un service public, ce serait du jamais vu, tonne Ridouane Chahid (PS). Et cela décrédibiliserait, une fois de plus, l'image de la Stib ». Lors d'une réunion du comité de Gestion de la Stib, en juin, le vice-président avait déjà attiré l'attention sur cette problématique. Il n'a pas été entendu. « Désormais, il faut agir de toute urgence et trouver une solution, ne fût-ce que provisoire. Pourquoi, comme nous sommes en horaire d'été, ne pas utiliser des trams 3000 jusqu'à la rentrée ? », propose-t-il.