La Bretelle se met en mode veille

PATRICE LEPRINCE

jeudi 09 août 2012, 08:56

Politique. Le pendant francophone du Gordel n'aura pas lieu cette année. Un accord institutionnel est passé par là. Donnons-lui le temps de mûrir, propose Yvan de Beauffort.

Créée en 2008, la Bretelle a pris la roue du Gordel (ceinture), une promenade cycliste et politique organisée par le Bloso (l'équivalent de l'Adeps) depuis les années 80 pour marquer le caractère flamand de la périphérie bruxelloise. On le sait, une importante étape institutionnelle a désormais été franchie qui prévoit notamment la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Dans la foulée, le Bloso a annoncé que le Gordel aurait lieu pour la dernière fois le 2 septembre prochain. En tout cas dans sa formule actuelle, puisque dès 2013, les organisateurs planchant sur une édition « sportive, récréative et familiale qui mettra également en avant les atouts touristiques du Brabant flamand ».

Se pose donc une question : la Bretelle sera-t-elle encore sur la ligne de départ cette année ? Et bien la réponse est non. C'est ce que nous dévoile Yvan de Beauffort (MR), conseiller communal à Schaerbeek et père de l'événement. « La Bretelle n'aura pas lieu cette année ».

La Bretelle est pourtant parvenue à s'inscrire dans le paysage politico-sportif. On est certes loin des deux millions de participants enregistrés au compteur du Gordel mais, en quatre éditions, plus d'un millier de sympathisants ont pris part à l'aventure. « Des gens de toutes les couleurs politiques », précise notre interlocuteur. C'est que le message originel est plutôt fédérateur. « Nous refusons de considérer Bruxelles comme une île ou comme une forteresse. Nous refusons aussi que l'on puisse imaginer couper la périphérie de Bruxelles de son centre névralgique ». Et les organisateurs de prôner le dialogue plutôt que l'affrontement et le divorce.

Un lien qui pourrait bien être tissé au sein de la future Communauté métropolitaine prévue dans l'accord institutionnel. « Mais, tempère Yvan de Beauffort, il ne s'agit pas que cette Communauté métropolitaine soit un grand machin qui ne sert à rien ». Outre la mobilité, notre interlocuteur souhaite qu'on y parle travaux publics, environnement ou encore emploi et économie.

Il reste donc du pain sur la planche institutionnelle mais la Bretelle a décidé de se mettre en mode veille, histoire de laisser passer les élections « mais aussi pour laisser le temps à cet accord de respirer et de se concrétiser », indique Yvan de Beauffort. Pas de Bretelle en 2012, donc mais cela ne signifie nullement qu'elle ne remontera jamais en selle, surtout si les revendications de ses initiateurs devaient venir à capoter.