Enquête pour insultes racistes à la Stib

CAYROL RAPHAEL

mardi 14 août 2012, 10:35

Bruxelles. Des conducteurs de métro d'origine maghrébine visés par des insultes émanant d'un collègue, Gare de l'Ouest. Le week-end dernier, un tag raciste était recouvert dans cette même station.

Quelques jours à peine après la découverte de tags xénophobes dans l'espace réservé aux conducteurs de métro de la Gare de l'Ouest (« Arabes de merde »), les employés d'origine étrangère ont une nouvelle fois été ciblés par des commentaires racistes. En interne, une plainte a été déposée et deux enquêtes sont donc en cours. Des réunions à propos de l'incident avaient lieu lundi avec les victimes et des délégués syndicaux, alors qu'une pétition contre les faits de racisme circule actuellement parmi le personnel.

« Il y a bien eu échange mots, confirme Gaétane Verwilghen, porte-parole de la Stib, nous essayons de déterminer ce qui s'est passé. »

Le sujet est « très sensible », d'après une source syndicale. Un témoin de la scène nous a expliqué pourquoi un conducteur de métro d'origine maghrébine et un agent de prévention se sont empoignés. L'agent en question aurait alors proféré des propos insultants envers ses collègues musulmans : « ils viennent fêter leurs trucs ici. Où se croient-ils ? Retournez chez vous ! », s'était-il exclamé, avant d'enchaîner les clichés racistes à l'égard des « Arabes ».

D'après ce proche des victimes, les conducteurs faisaient en effet la fête… mais rien de religieux ni même de culturel : ils célébraient le nouveau contrat d'un jeune employé. L'agent provocateur aurait ensuite appelé le dispatching, qui a ensuite prévenu la police, s'estimant « menacé de mort par un conducteur » pourtant âgé d'environ 60 ans.« En fait, il l'invitait seulement à les laisser terminer leur repas et à en discuter dehors par la suite », explique le témoin.

La direction qualifie l'événement de « dispute », et précise que sa politique est claire : une enquête est systématiquement ouverte dans ce type de cas. Lundi, plusieurs jours après l'incident, aucune personne harcelée n'avait encore été entendue dans le cadre de l'enquête.