Les hôteliers adressent une lettre géante à l'échevin Cumps

MARIE DESCHRIJVER

jeudi 20 septembre 2012, 09:49

Anderlecht. A taxe disproportionnée, lettre disproportionnée. C'est avec un certain sens de la formule gestuelle que les hôteliers anderlechtois se sont adressé à l'échevin des Finances de la commune, Fabrice Cumps (PS), s'invitant dans la campagne électorale.

Les hôteliers adressent une lettre géante à l'échevin Cumps

Les hôteliers anderlechtois ont remis une lettre géante de protestation à l’échevin des Finances visant la nouvelle taxe sur les hôtels © D R

Une lettre de 2m20 sur 1m53 rappelle à l'exécutif anderlechtois le mécontentement des sept hôteliers présents sur le territoire. Visée par la grogne, la taxe décidée voici plus d'un an, qu'ils jugent démesurée. « Cette lettre ouverte est à la mesure de la taxe communale…, souligne le secteur. Elle met en péril l'ensemble du parc hôtelier de la commune, alors que ce secteur représente une valeur ajoutée en termes d'emplois, de développement économique. » Les signataires de la lettre évoquent une situation paradoxale : une pratique des prix les plus bas de la Région mais une taxe la plus haute : « 1.400 euros par chambre et par an pour un hôtel 3 étoiles de 100 chambres, soit 140.000 euros annuellement. » Ils dénoncent encore l'absence de concertation au moment d'établir ce nouvel outil fiscal, et la surdité de l'échevin et du collège face aux propositions avancées : « Nous avons expliqué les caractéristiques et la situation de notre activité sur Anderlecht, et avons proposé une taxe d'un montant tenant compte de nos possibilités. La taxe ainsi calculée correspond à un tiers de celle de Bruxelles-Ville. Aucun hôtelier ne conteste le principe même de la contribution, mais elle doit être à la mesure des réalités de l'hôtellerie anderlechtoise. »

L'échevin des Finances et du Budget, Fabrice Cumps, renvoie la balle dans le camp du collège dans son ensemble. « Nous sommes dans le cadre du plan d'économie et d'assainissement exigé par la tutelle régionale. Jusqu'à il y a un an, nous n'avions pas de taxe communale sur les hôtels… Nous nous sommes inspirés de ce qui se fait dans les communes limitrophes : Saint-Gilles et Bruxelles-Ville. »

Pas de différence significative, argumente l'élu, mais des fonctionnements distincts : à la nuitée ou au forfait. « Le secteur est divisé sur la question, nous avons opté pour le forfait. La proposition faite par les hôteliers, revenant à un tiers de ce qui est pratiqué par la Ville de Bruxelles, n'est pas acceptable. » L'échevin conteste l'accusation d'absence de concertation. Il se dit ouvert à la révision de la taxe, « mais cela ne peut se faire que dans le cadre des discussions budgétaires. Les quelque 500.000 euros annuels que rapporte cette taxe devront être trouvés ailleurs, ou contrebalancés par une diminution des recettes, avec la participation de tout le collège… » Rendez-vous dès novembre, avec un nouveau collège.