Une crèche d'un genre nouveau

CAROLINE DUNSKI

lundi 07 mars 2011, 09:48

Mons. La première crèche passive de Wallonie est opérationnelle depuis le mois de janvier dans la cité du Doudou. 36 enfants y sont accueillis avec pour seule chaleur celle dégagée par les occupants et le soleil.

Depuis janvier dernier, 36 petits bouts de 0 à 3 ans occupent, à Mons, la première crèche passive de Wallonie. « Le nid douillet », c'est son nom, s'inscrit au cœur du projet « L'île aux oiseaux », né d'un partenariat public privé associant la société de logement de service public Toit et moi (51 %) et la société de construction Thomas et Piron (49 %) pour la réhabilitation du site de l'Allée des Oiseaux. Dès le départ, ce projet s'est orienté vers une action volontariste en matière de performance énergétique des 187 nouveaux logements sociaux et vers la mixité fonctionnelle et générationnelle d'un quartier à restructurer complètement. Dans cet ensemble, la nouvelle crèche occupe une place pivot, à l'intersection des différents types de quartiers : logement, espaces verts, aires de jeux… La Ville de Mons a entièrement pris en charge les deux millions d'euros nécessaires à la réalisation du Nid douillet. Avec ce nouvel outil, le CPAS, gestionnaire de l'ensemble du dispositif d'accueil de la petite enfance (crèches, accueillantes encadrées…), entend lutter contre le déterminisme social, qui voit les mécanismes d'exclusion se reproduire d'une génération à l'autre.

Une première

La crèche montoise répond aux standards passifs définis par la Plate-forme wallonne de la maison passive (PMP), une ASBL qui est aussi l'unique organisme certificateur pour la Wallonie. Depuis 2006, la Belgique est le seul pays au monde qui offre une déduction fiscale aux propriétaires d'une maison passive. Il y a moins de 10 crèches passives en Europe, dont une en Flandre et une en Wallonie.

La crèche a été conçue par l'agence d'architectes A2M dont tous les projets, de rénovation comme de construction, sont « passifs » ou « zéro-énergie ». Triples vitrages et isolation de 30 centimètres d'épaisseur permettent de chauffer le bâtiment avec les seuls apports gratuits du soleil et de la chaleur dégagée par les occupants. Le complément de chaleur nécessaire pendant les périodes les plus froides est produit par une pompe à chaleur qui fonctionne à l'électricité pour un coût maximal de 20 euros par mois. Sébastien Moreno-Vacca, architecte gérant d'A2M se plaît à souligner que « la crèche construite à Mons peut continuer à évoluer vers du zéro énergie, sans qu'il soit nécessaire de tout refaire. Le bâtiment passif pourra être équipé avec des panneaux solaires, par exemple. »

Véronique Urbain, directrice du Nid douillet estime que « c'est une très belle crèche qui a été bien pensée. Le bureau d'étude Strages est venu dans les crèches de Mons et de Jemappes pour voir comment les choses s'y passaient et ne reprendre que les bons éléments, comme les petites cuisines et salles de bain qui existaient à Mons, mais pas à Jemappes. C'est important quand on conçoit une nouvelle crèche d'aller voir les gens de terrain pour demander ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. »