Le Tec rêve de son métro oublié

MATHIEU COLINET

mardi 26 juillet 2011, 09:08

Charleroi. Le Tec Charleroi envisage de réhabiliter la ligne vers Châtelineau. Les stations existent depuis le milieu des années 80. Elles avaient fait l'objet d'une émission " les grands travaux inutiles" à la rtbf.

L'image surprend d'abord par l'individu qui l'occupe largement : Gérard Monseux, le président du Tec Charleroi aux commandes d'un métro tout ce qu'il y a de plus vrai. Le véhicule de la filiale carolo progresse sur les voies. À intervalles réguliers, il s'arrête dans des stations. Le nom de celles-ci pourtant n'évoque rien. Est-on bien à Charleroi ? Oui mais sur une antenne volontiers désignée comme fantôme en raison de ses lignes inemployées et de ses stations laissées à l'abandon. Les dernières réalisations datent ici du milieu des années 80. Depuis lors aucun passager n'a jamais pu embarquer en direction de Châtelineau et du centre commercial Cora, considéré à l'époque comme un futur terminus.

« J'ai voulu faire ce voyage pour montrer que les infrastructures construites à l'époque étaient encore en état de servir, explique Gérard Monseux. Certes, une série de travaux sont nécessaires pour rafraîchir les stations et les voies. Mais l'essentiel est en place. La preuve ? Le métro peut passer sans encombre. »

Vu qu'elle n'a jamais été exploitée, l'antenne vers Châtelineau, longue de quelque 4 kilomètres, a souvent été citée au registre des travaux inutiles. Depuis quelques mois, la perspective de corriger le tir a affleuré. Petit à petit, le Tec Charleroi voit progresser les chantiers lancés à Gosselies et à Gilly. Parallèlement est apparue dans son chef la volonté de reprendre les travaux de l'antenne vers Châtelineau pour finalement la rendre accessible aux voyageurs.

« Avec cette quatrième antenne, nous entrerions complètement dans le XXIe siècle, affirme Gérard Monseux. Sur une bonne part de la ligne, jusqu'à la place du Centenaire à Montignies-sur-Sambre, les équipements sont déjà présents. Le montant des travaux atteindrait quelque 5 millions d'euros. Pour le reste de la ligne, les investissements devraient approcher les 20 millions d'euros. »

Faisable ?

Le Tec Charleroi compte dans les prochains mois défendre le projet auprès de la Société régionale wallonne du Transport (SRWT). Il souhaiterait notamment qu'une étude de faisabilité puisse être lancée. « Les transports en commun ont gagné du terrain depuis les années 80, affirme Gérard Monseux. En outre, je crois que ce quartier de Châtelineau avec le centre commercial attire toujours beaucoup de monde. D'où l'utilité de cette ligne. »