Carsid : 800 travailleurs menacés craignent le pire

BENOIT JULY

mercredi 28 mars 2012, 08:51

Un conseil d'entreprise extraordinaire a été convoqué ce matin à 9h30. Antonio Gozzi, le patron de Duferco Belgium, fera le déplacement. Stop ou encore pour Carsid, qui emploie 800 personnes ?

Carsid : 800 travailleurs menacés craignent le pire

A l'arrêt depuis l'automne 2008, la phase à chaud carolo (Carsid) et son millier de travailleurs, en chômage économique, craignent le pire. C'est ce mercredi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, que la direction de Duferco leur annoncera si elle a réussi à trouver à un repreneur ou si, de guerre lasse, elle enclenche la procédure Renault de licenciement collectif. « Nous nous attendons au pire, reconnaît Joseph Santoro, président de la délégation FGTB. Duferco s'était donné jusqu'en juin pour éclaircir la situation et une annonce précipitée pourrait être le résultat d'un accord mais chacun sait que la conjoncture n'est pas bonne et que la phase à chaud de Charleroi est pénalisée par son absence de cokerie et par le fait qu'elle a perdu son aval. Je ne vois pas trop qui pourrait se montrer intéressé ».

Arrêter l'hémorragie

La situation inconfortable de la phase à chaud carolo résulte de la scission de la joint-venture qui unissait Duferco au groupe russe Novolipetsk Steel. Ce dernier ayant acquis, au printemps 2011, les outils de finition de La Louvière et de Clabecq, qu'il approvisionne au départ de la Russie, Duferco n'avait d'autres solutions que de fermer le haut-fourneau carolo, privé de son aval, ou de tenter de lui trouver un repreneur.

Pour Jean-Marie Hoslet, secrétaire principal de la CSC-Métal, qui anticipe aussi une annonce funeste, l'empressement de Duferco a mettre les cartes sur table serait opportuniste : « L'effondrement du cours des quotas de CO2 alloués par la Région à Duferco prive ce dernier des revenus qu'il dédiait au versement aux travailleurs d'une allocation complémentaire au chômage économique. Annoncer la fermeture lui permettrait d'arrêter l'hémorragie et d'accélérer la négociation du plan social ».

La direction de l'entreprise se refusant à tout commentaire, tous les acteurs concernés en sont réduits à anticiper le pire. « La Région wallonne comptait consacrer 180 millions d'euros à une éventuelle réfection de la cokerie et Duferco aurait provisionné 64 millions pour le plan social, poursuit Jean-Marie Hoslet. On pourrait affecter ces moyens à la recherche d'autres solutions : construire un four électrique, plus flexible, ou dédier le haut-fourneau à l'approvisionnement du laminoir de Carinox, à Châtelet. Pas plus que les Liégeois, nous ne baisserons les bras. »