Des travaux interminables

DIDIER ALBIN

vendredi 27 avril 2012, 10:57

Charleroi. L'exécution du projet Phénix a beaucoup de retard. Pour les commerçants du piétonnier de Dampremy, c'est une perte sèche. Ils se mobilisent.

Comme rien ne bougeait depuis des mois au pied de la rue de la Montagne à Charleroi ville basse, ce sont les commerçants de la rue de Dampremy qui ont décidé de bouger. En publiant un faux avis d'ouverture des offres dans un marché public pour la fourniture de 4 mètres cube de béton, ils veulent mobiliser l'autorité communale pour en finir une bonne fois pour toutes avec les travaux du projet de rénovation urbaine Phenix 2 qui n'ont déjà que trop duré.

Selon le calendrier initial, l'ouverture du chantier est fixée au printemps 2011, jusqu'en mars 2012. Il s'agit de moderniser le piétonnier de la Montagne en aménageant la voirie qui le prolonge jusqu'au boulevard Tirou. Travaux obligent, les accès sont coupés à la circulation. Cet axe commercial important du bas de la ville se transforme en cul-de-sac, les voitures ne passent plus.

Un manque à gagner que l'exploitant du snack « Le Croque-en-Bouche » établi dans le quartier depuis 30 ans évalue à 200 euros par jour. « Pour tenir le coup, nous avons dû emprunter », explique Saïd Derouiche.

Au mois de février après une vague de froid, les travaux se clôturent avec du retard. Il ne reste plus que de dix mètres de voirie à asphalter pour finir le projet. Et c'est là que ça coince. Ce tronçon minuscule constitue un bouchon pour la mobilité. « Depuis des semaines, on nous promet que ça va se terminer, enrage Jean-Yves Roquet, du comité des commerçants de Dampremy. Nous ne voyons rien venir ! » De fait. L'embouchure de la rue du Pont-de-Sambre reste fermée au trafic. Quatre mètres cubes de béton suffiraient à la remettre en service, se lamentent les commerçants qui déplorent avec humour et désespoir qu'aucun prestataire ne soit en mesure de les livrer. Trop c'est trop. C'est aussi l'avis de l'échevine MR du Commerce Ornella Cencig qui évoque « un problème d'impétrants. Mais les nouvelles sont bonnes », dit-elle. Pour fin juin au plus tard, le chantier sera fini. Ouf !