L'infarctus détecté par GSM

SANDRA DURIEUX

mercredi 09 mai 2012, 09:15

Santé. Système inédit à l'hôpital de Jolimont-Lobbes. Les urgentistes emmènenent un électrocardiogramme et un monitoring portables sur les interventions. En cas d'infarctus, le cardiologue peut consulter les données à distance sur son smartphone et évaluer la gravité.

En cas d'infarctus, le temps, c'est la vie. Tous les médecins et cardiologues savent combien les minutes comptent quand il s'agit de traiter une crise cardiaque. « Un tiers des personnes atteintes d'un infarctus n'arrivent jamais à l'hôpital, explique Delphine Deneufbourg, porte-parole de l'hôpital de Jolimont-Lobbes. Elles décèdent avant. »

Les centres hospitaliers de Jolimont-Lobbes, Nivelles et Tubize ont décidé de mettre en place un système qui permet de gagner de précieuses minutes en cas d'infarctus. Ce système, baptisé Corpuls, se compose d'une unité de monitoring nécessaire pour la surveillance du patient, d'un défibrillateur et d'un électrocardiogramme complet. Un appareil portable qui est transporté par tous les médecins urgentistes et ambulanciers qui se rendent en urgence au chevet des patients.

« Quand un infarctus est suspecté, l'urgentiste place l'appareil sur le patient, explique encore la porte-parole. Grâce à un module GPRS (General Packet Radio Service, NDLR) les données de l'électrocardiogramme sont directement transmises du lieu de l'incident sur le smartphone du cardiologue de garde. L'analyse des résultats permet ainsi de décider rapidement du lieu de transfert du patient et ce, en fonction de la gravité de son état. »

Quel que soit l'endroit où les victimes se trouvent, le cardiologue de garde peut analyser à distance l'électrocardiogramme et déceler la gravité de l'infarctus. « Parfois, celui-ci peut être traité par une simple prise de médicaments. Mais parfois, c'est aussi plus grave et cela nécessite une intervention chirurgicale d'urgence. Dans ce cas précis, le cardiologue peut envoyer directement le patient vers le centre hospitalier le plus adapté à sa pathologie comme Jolimont, par exemple. Et durant le trajet de l'ambulance, le bloc opératoire est préparé et les équipes appelées pour opérer le patient le plus rapidement possible après son arrivée. »

Le système Corpuls, opérationnel depuis le 1er mars dernier dans les quatre implantations a déjà montré son efficacité. « Vendredi, un homme victime d'un infarctus voulait être hospitalisé à Nivelles. Le cardiologue a observé, à distance, que la pathologie pouvait être soignée par médicament. Le patient a donc pu être emmené à Nivelles comme il le souhaitait. »

Outre de réduire la mortalité, le système Corpuls permet une meilleure prise en charge du patient. « L'infarctus se soigne très bien. Souvent les gens sortent de l'hôpital comme s'ils n'avaient rien eu. Mais cela vaut uniquement pour ceux qui ont eu la chance d'être pris en charge à temps et correctement. »