Le marché dominical est-il menacé ?

DIDIER ALBIN

vendredi 01 juin 2012, 10:12

Charleroi. En raison d'un problème de mobilité des véhicules de secours, une dizaine de chalands devront se retirer. Une situation d'insécurité et d'anarchie que dénoncent les commerçants ambulants. Ils promettent des actions de protestation.

Le marché dominical est-il menacé ?

Pour les commerçants ambulants, il est temps de prendre des mesures au risque de voir disparaître le marché comme celui à la place Albert 1er © Pierre-Yves Thienpont

En février 2011, les marchands ambulants avaient fait la grève du marché du dimanche à Charleroi, du jamais vu ! Face aux menaces qui pèsent sur l'organisation et l'agencement de ce marché séculaire, l'Union nationale des commerçants ambulants (UNDCA) entend y aller plus fort encore. « Nous envisageons de mener une manifestation dans la ville avec le blocage de toutes ses entrées, annonce le président national Jean Papassarantis. Dans l'immédiat, nous avons prévu d'interpeller le collège communal ce lundi. Objectif : empêcher la fermeture partielle de la rue d'Orléans qui va entraîner la délocalisation d'une dizaine de gros maraîchers. Et s'opposer à des projets qui risquent de sanctionner demain la moitié des 400 ambulants présents toutes les semaines. »

Selon l'échevine Ornella Cencig (MR) en charge du Commerce, « aucune décision de changement n'a encore été prise en dehors des mesures qu'impose la sécurité publique. C'est-à-dire que la mise en piétonnier des rues Biarent, du Palais et Basslé qui débouchent dans la rue de la Montagne a amené les pompiers à dégager le passage à l'entrée de la rue d'Orléans. Une dizaine d'emplacements sont appelés à disparaître : leurs occupants en seront informés ce dimanche en même temps que l'ensemble de leurs collègues. »

Cencig n'exclut pas que d'autres dispositions entrent en vigueur à terme, en application des recommandations de la police et du service régional d'incendie : « Un rapport est attendu de leur part : il fait suite à des visites des lieux qui leur ont permis d'identifier des problèmes de circulation des véhicules de secours et d'intervention. En tout état de cause, les changements seront concertés. »

Insécurité et anarchie ambiantes ? « Cela fait près de cinq ans que nous demandons au pouvoir politique de mettre les pieds dans le plat, accuse le président de l'UNDCA. Mais depuis tout ce temps, rien n'a bougé. En dépit des promesses, même les investissements promis en 2011 pour moderniser les bornes électriques d'alimentation n'ont pas été réalisés. » Jean Papassarantis est formel : « Il est hors de question d'accepter de se faire placer au pied du mur. Trois marchés hebdomadaires ont déjà été supprimés à la ville haute et ceux de la ville basse sur la place Albert Ier vont immanquablement souffrir des travaux de Rive Gauche. Nous ne laisserons pas massacrer le marché du dimanche ! »