Adieu à l'église du Saint-Sacrement

CAROLINE DUNSKI

lundi 11 juin 2012, 09:19

Binche. Devenue trop coûteuse à entretenir, l'église du Saint-Sacrement sera vendue pour un euro. Ce dimanche, une dernière messe solennelle était donnée en présence d nombreux fidèles émus.

Adieu à l'église du Saint-Sacrement

Les Binchois sont venus nombreux pour faire leurs adieux à cette église qui a recueilli prières et supplications à Sainte Rita, patronne des causes perdues © Avpresss

L'église du Saint-Sacrement, aux murs décrépis, est bondée en ce dimanche où le doyen Michel Dirick y donne une dernière messe solennelle en action de grâce pour les communautés religieuses qui s'y sont succédé et pour les personnes qui n'ont cessé d'en prendre soin. Les Binchois sont venus nombreux pour faire leurs adieux à cette église qui a recueilli prières et supplications à Sainte Rita, patronne des causes perdues. « Je ne venais dans cette église qu'une fois par an, à la Saint Eloi, la fête des agriculteurs, raconte un homme venu de Waudrez. Ici, c'était l'église des sœurs blanches, le lieu des personnes un peu désespérées. »

D'autres sont plus émus de la fermeture de l'église « des Récollets », « du Saint-Sacrement » ou encore « Sainte-Elisabeth », comme elle est diversement désignée. Lucette explique que pendant la fermeture de la collégiale Saint-Ursmer pour cause de travaux, elle venait tous les dimanches. « Ça me fait très mal de quitter les lieux. C'était beaucoup plus convivial que la collégiale. J'habite Péronnes et je ne faisais jamais mes courses à Binche sans entrer dans l'église pour m'y recueillir. Les couples remerciés pour les soins apportés à l'église étaient formidables. »

Arrivent précisément Philippe et Paulette. Cette dernière confie : « Avec Marie-Louise, on venait nettoyer, balayer, faire les poussières. Mon mari venait ouvrir l'église tous les jours et allumer les bougies. Il préparait la messe du vendredi. C'était sa deuxième maison. » Jeannine, quant à elle, habite Waudrez et fait partie d'une chorale. « Je chante à la messe de Waudrez tous les dimanches mais je venais dire une prière ici pour ma famille et mes enfants chaque fois que je passais à Binche. »

Ce dimanche après la messe sous les voûtes aux étoiles tombantes, la translation du trésor spirituel de l'église qui sera vendue pour la somme d'un euro se fait en procession vers la collégiale où l'ostensoir arrive, porté par le doyen. Les statues des saints – Rita, Elisabeth, Antoine et Lucien-Marie – le rejoindront sous quinzaine. « Il ne faut pas être triste, cela signifierait que nous sommes attachés à des pierres, a rappelé Michel Dirick. Soulagée de cette énorme charge financière, la paroisse pourra consacrer ses moyens à la formation de ses pierres vivantes, vous, ses fidèles ».