Faciliter l'intégration des réfugiés

SIBYLLE DEKEYSER

mardi 12 juin 2012, 08:52

Solidarité. Un guichet d'accueil vient d'être créé à Tournai à leur intention.

Faciliter l'intégration des réfugiés

L’équipe du MOC a mis sur pied des modules via lesquels les étrangers peuvent apprendre la langue, le fonctionnement du système politique, du logement, de l’emploi,…

Selon la loi belge, les demandeurs d'asile ont le droit de bénéficier, pendant toute la durée de la procédure administrative, d'un hébergement dans une structure d'accueil et d'un accompagnement social, juridique, administratif et médical. Mais sur le terrain, dans notre région comme ailleurs, la réalité est toute autre : le manque de places d'accueil et l'absence de coordination officielle entre les acteurs capables d'aider ces réfugiés ne facilitent pas leur intégration.

366

L'ensemble de la Wallonie Picarde accueille 366 réfugiés en Initiatives Locales d'Accueil (ILA). Ces dernières, financées intégralement par le fédéral mais gérées par les CPAS, ont pour fonction d'accueillir des demandeurs d'asile durant l'examen de recevabilité de leur demande. Mais l'effort consenti par les différentes communes est très variable. A titre de comparaison, Péruwelz propose 62 places en ILA alors qu'Enghien n'en offre qu'une, on en compte 85 à Tournai, 21 à Brugelette et 18 à Mouscron.

Une aide vraiment concrète

En Wallonie Picarde, pour pallier l'absence d'un centre d'intégration subsidié par la Région Wallonne et chargé de coordonner la prise en charge des réfugiés, plusieurs associations se sont regroupées voici deux ans au sein de la plateforme d'accueil pour l'intégration des étrangers. « Certaines filières débarquent des étrangers à Tournai. Ils arrivent ici illégalement, sans papiers, sans parler la langue et sans endroit où loger, confie Elise Depauw, permanente du MOC. Nous rencontrons quotidiennement des clandestins qui vivent dans la peur, des réfugiés qui n'osent pas demander le droit d'asile ou dont la demande a été refusée, etc. Et malgré les faibles moyens dont nous disposons, nous tentons de les aider de manière concrète. »

L'équipe du MOC a mis sur pied en 2010 des modules d'intégration, via lesquels les étrangers peuvent apprendre, à raison de trois ou six heures par semaine, le français mais aussi le fonctionnement du système politique, du logement, de l'emploi, de la sécurité sociale en Belgique et les coutumes du pays ou des régions. « La volonté d'intégration des réfugiés est réelle : la liste d'attente pour ces formations compte aujourd'hui 45 personnes », précise Michele Di Nanno, secrétaire fédéral des Equipes Populaires. Pour aller plus loin dans cette volonté de simplification d'intégration, la plateforme vient de lancer une permanence de type guichet d'accueil à la Maison Internationale, où les étrangers qui arrivent à Tournai peuvent obtenir, les mercredis et vendredis entre 17 et 18h, une aide gratuite dans leurs démarches. Après les élections communales, le MOC mettra à l'ordre du jour d'une réunion des bourgmestres de Wallonie Picarde la création d'un plan de répartition des réfugiés au sein des 23 communes. « Notre région ne peut se tenir à l'écart des drames provoqués par la crise de l'accueil des réfugiés : toutes les communes doivent faire preuve de solidarité et assumer leurs responsabilités », estime Daniel Hubermont, le secrétaire fédéral du MOC de Wallonie Picarde.