Le futur Centre de Congrès sort de terre

FREDERIC DELEPIERRE

mercredi 27 juin 2012, 10:52

Le futur Centre de Congrès sort de terre

Sorti de l’esprit créatif de l’architecte américain Daniel Libeskind, le Centre de Congrès montois sera ultramoderne et durable © avpress

A défaut de pouvoir y poser la première pierre, l’architecte américain Daniel Libeskind a au moins pu, ce mardi midi, assister au placement du dernier des 360 pieux qui composent la base du futur Centre de Congrès de Mons dont il est le créateur. À gros coups de butoir, une imposante grue orange a quasi fait disparaître le bloc de béton sous terre. Le bruit était à ce point assourdissant que le bourgmestre-Premier ministre de la Ville, Elio Di Rupo, souffrant d’acouphènes, a dû se protéger les oreilles avec des bouchons.

Projet ambitieux au design ultramoderne, ce futur Centre de Congrès devrait être inauguré en 2014. Il a pour but avoué de contribuer au développement en Wallonie du tourisme d’affaires. Bruxelles tire actuellement les marrons du feu avec 55 % à Bruxelles, pour 35 % à la Flandre et 10 seulement à la Wallonie. « Or, c’est la forme de tourisme qui rapporte le plus d’argent car les businessmen restent au moins deux nuits dans les hôtels », commente l’échevin montois du Développement économique, Nicolas Martin, à l’origine du projet dès 2007.

Stratégiquement, le futur Centre va voir le jour dans ce qui constituera l’extension de Mons. À deux pas de la future gare Calatrava à laquelle il sera relié par une passerelle, et à quelques encablures du centre commercial des Grands Prés, notamment. Le tout sous le regard du clocher du Beffroi et à quelques centaines de mètres du centre-ville.

« Le Centre de Congrès sera composé de nombreux espaces spécifiques comme un forum, des salles de capacités diverses (100, 200 ou 500 places), des bureaux, un espace restauration, une zone polyvalente pour les festivités et un espace administratif », commente Libeskind. Et il sera durable, comme le détaille Jean-Philippe Lemaire, ingénieur. « Il pourra compter sur un chauffage par géothermie, une intégration des apports solaires, une isolation renforcée » Les toits seront même composés de végétaux et de verrières…

Le budget global du projet est de 27.829.503 euros, financés à 90 % par les Fonds européens et la Wallonie et à 10 % par la Ville de Mons. Pourquoi un architecte qui va reconstruire le WTC de New York vient-il à Mons ? « J’admire cette ville et ses habitants. » Di Rupo ajoute : Ça coûte aussi cher de faire du beau qui dure à travers les siècles que du moche. La différence, c’est l’intelligence. Et Libeskind en a. »

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