Un jardin refuge pour la faune… et les jeunes

CAROLINE DUNSKI

vendredi 29 juin 2012, 10:37

Hainaut. A Saint-Ghislain est né un jardin refuge qui se donne pour objectiif de raccrocher des jeunes à la scolarité. De quoi leur permettre de cultiver un nouveau projet personnel tout en bénéficiant d'une remise à niveau.

Un jardin refuge pour la faune… et les jeunes

Le jardin est au cœur du projet, et tous les vendredis, les jeunes se réunissent en une « journée citoyenne » pour prendre des décisions responsables © dr

Hérissons, papillons, abeilles solitaires, mésanges, étourneaux, chouettes… il n'est pas une espèce, ou presque, qui ne trouvera place dans le jardin refuge né à Saint-Ghislain d'un partenariat entre la ville, l'association de défense de la nature Natagora et le SAS (Service d'accrochage scolaire) de Mons. Et si ce jardin aménagé sur un terrain communal d'une dizaine d'ares est un espace favorable à la biodiversité, il est aussi un outil de raccrochage scolaire pour des jeunes de 12 à 18 ans.

Ceux-ci fréquentent le SAS sur une base volontaire quand, pour des raisons diverses, ils ont quitté l'école ou se contentent d'y exercer le « présentéisme », une sorte de « présence absente ». « Il y a autant de raisons de décrocher que de jeunes », affirme Michaël Delcourt, directeur du SAS de Mons. La loi définit le décrochage scolaire de façon très large, mais dans les faits, il s'agit rarement d'une problématique exclusivement scolaire. Le phénomène qui s'observe dans tous les milieux sociaux découle souvent de problèmes personnels. Avec l'équipe du SAS, pendant une période de trois mois renouvelable, les jeunes élaborent un projet personnel : retourner dans la classe quittée, se réorienter vers d'autres études… Ils bénéficient d'une remise à niveau scolaire en français, math et sciences, mais participent également à des ateliers artistiques, culinaires, sportifs… et, tous les vendredis, à la « journée citoyenne » où ils prennent des responsabilités et se rendent utiles.

Le jardin refuge de Saint-Ghislain est un des projets de ces vendredis citoyens. Il concilie production potagère et protection d'espèces animales sauvages en fournissant des abris sous la forme de nichoirs, de ronciers ou encore de tas de bois. Pendant les vacances estivales, les animateurs de Natagora et du SAS se partageront la tâche de l'entretenir à raison d'une ou deux visites hebdomadaires. Gageons que dès septembre, les jeunes y reviendront avec entrain pour soigner les plantations et observer la vie sauvage qui s'y développe.