La gare ne sera jamais sans voix

DIDIER ALBIN

mardi 17 juillet 2012, 09:07

Charleroi. Céline Jurgelevicius est agent d'Info Trafic Charleroi Sud. Auparavant, les agents d'Info Trafic de la gare travaillaient de manière ininterrompue. L'arrivée du système d'annonces électroniques a changé la donne.

La gare ne sera jamais sans voix

Marchiennoise et ancienne candidate à Miss Belgique, Céline Jurgelevicius est agent d’Info Trafic de la gare de Charleroi Sud © Coralie cardon

Si vous êtes un usager régulier du rail dans le district sud-ouest (région de Charleroi), vous avez forcément déjà entendu la voix de Céline Jurgelevicius. Marchiennoise, cette ancienne candidate au concours Miss Belgique est l'un des 20 agents d'Info Trafic de la gare de Charleroi Sud. Dans la cabine de signalisation qu'elle partage avec les opérateurs ferroviaires, surveillants et régulateurs chargés d'assurer la circulation des trains sur le réseau local, son équipe se charge d'annoncer les arrivées, départs, instructions spécifiques ou incidents de trafic 24 h/24, par pauses.

« Jusqu'en juin 2010, notre débit était quasiment ininterrompu en journée hormis entre les heures 37 et 57 où le nombre de convois se réduit, témoigne la jeune speakerine. Depuis lors, notre gare participe à un projet-pilote avec celle de Malines. Nous n'intervenons plus qu'en appui, c'est-à-dire pour anticiper ou retarder des diffusions de messages, ou renseigner de façon personnalisée des groupes de voyageurs. » Des communications de service aussi : comme pour les gens qui ont oublié leur portefeuille au guichet, par exemple…

En Wallonie, Charleroi a été la première station à accueillir le projet EMA (Electronic Messaging Announcement) qui a déjà connu 22 mises à jour en un an et demi. Comme l'explique le porte-parole d'Infrabel Frédéric Sacré, « EMA qui évoque un prénom de femme, c'est le nom d'un nouveau système d'information pour tout le réseau ferroviaire belge. Un système mis au point par le groupe Fabricom en lien avec les ingénieurs d'Infrabel. Objectif : délivrer au moment le plus opportun les messages d'info trafic basées sur la localisation des convois. Par exemple, le retard de 7 minutes du train en provenance d'Erquelinnes doit être communiqué dans le juste timing aux voyageurs qui en attendent l'arrivée. »

« Il faut aussi que les passagers soient informés du changement de voie, poursuit Frédéric Sacré. Depuis 18 mois, cela se fait de manière automatisée à Charleroi Sud et depuis une semaine sur la ligne 130 (Charleroi-Namur) jusqu'à la gare d'Auvelais. Le système s'articule sur une banque de données et de mots préenregistrés et sur la localisation en temps réel des trains. »

Autour de Charleroi Sud, le district Sud Ouest compte 50 gares secondaires et points d'arrêt. Selon le chef de gare adjoint Geoffrey Neirynck, « aujourd'hui, une dizaine d'entre eux ont déjà basculé dans la technologie EMA : Couillet, Châtelet, Aiseau, Farciennes, Tamines. Le déploiement va se poursuivre selon un plan à 8 ans. »

Ingénieur Infrabel impliqué dans le projet, Jean-Philippe Verstreken est formel : « La prochaine ligne concernée sera la 124 vers Bruxelles jusqu'à la gare de Waterloo. Elle sera prête pour la fin 2014. Dans la foulée viendra la ligne 112 à destination de La Louvière Sud. »

Par pause, quatre agents Info Trafic se partagent la gestion du système dans le district Sud Ouest. Deux travaillent avec le système EMA, deux de façon classique. Ils sont un peu plus de 240 sur l'ensemble du réseau qui compte 550 gares et arrêts.