Trois ruches sur le toit de l'hôtel de ville

FREDERIC DELEPIERRE

jeudi 19 juillet 2012, 09:14

Quaregnon. Un projet en faceur de la biodiversité. La population et le personnel communal se montrent intéressés. La vie des abeilles peut être suivie sur un blog

Trois ruches sur le toit de l'hôtel de ville

Le mauvais temps actuel perturbe les 60000 abeilles qui vivent dans les trois ruches installées sur le toit de l’hôtel de ville de Quaregnon : elles se reproduisent peu et ne donnent que très peu de miel © avpress

Si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre », prophétisait Albert Einstein. À Quaregnon, les autorités communales ont décidé d'anticiper. Elles ont installé trois ruches sur le toit de l'hôtel de ville. Un projet baptisé « Hôtel de Miel – Des abeilles sur le toit ». Et des abeilles, il y en a : elles sont aujourd'hui au nombre de 60.000 à butiner à travers la commune.

En ce mercredi matin, l'initiatrice du projet, Michaela Mura, la secrétaire communale ad intérim, a revêtu sa tenue d'apicultrice : veste blanche et capuche à grille ainsi que de longs gants. À la main, son enfumoir. « Il projette une fumée blanche et froide, explique-t-elle. C'est l'objet indispensable à tout apiculteur. Il simule un incendie. Ça fait peur aux abeilles qui se gorgent de miel et vont au fond de la ruche. Ça permet donc de s'approcher plus facilement. »

Mais pourquoi donc avoir installé trois ruches sur le toit de l'hôtel de ville ? « En novembre dernier, le ministre wallon Jean-Marc Nollet avait lancé un appel à projet (BiodiBap) qui visait à promouvoir des projets favorables à la biodiversité dans et aux abords immédiats des bâtiments publics. Zoologiste et apicultrice amateur, j'ai proposé l'idée au collège communal qui m'a suivie. Le 30 avril, la première colonie d'abeilles noires, une espèce autochtone, est arrivée. Suivie de deux autres ruches, le 14 juin. »

Décrite comme grise et triste, Quaregnon offre un tout autre visage vu du toit de son hôtel de ville. « La ville est effectivement très verte, très arborée, embraie Michaela Mura. Les terrils ont été colonisés par de la flore et de la faune, nous avons des zones de fauchage tardif, beaucoup de jardins et un RAVeL. L'idéal pour les abeilles qui trouvent de quoi se nourrir dans un rayon de trois kilomètres. »

Véritable projet communautaire, l'initiative de Michaela a séduit pas mal de monde. « Du personnel vient régulièrement m'aider pour l'entretien des ruches. Le service plantations de la ville a changé sa façon de fleurir les parterres au profit des abeilles. Des habitants ont même proposé d'accueillir des ruches chez eux. »

Perturbées par le mauvais temps, les abeilles de Quaregnon ne donnent pour l'instant que peu de miel. Elles ne sont pas inactives pour autant. Leur évolution peut d'ailleurs être suivie sur un blog (1) et grâce à une webcam. Un projet pour amener les écoles sur le toit est aussi en gestation.

(1) http://hotel-de-miel.jimdo.com