Le Carolo dépense trop pour les radios

PHILIPPE BOUDART

vendredi 27 juillet 2012, 10:14

Charleroi. Le Carolo dépense en radiologie plus que la moyenne des Belges. A mettre en relation avec le taux parmi les plus élevés d'AVC à Charleroi.

Le Carolo dépense trop pour les radios

Le prix d’un examen varie en fonction de l’intervention Une radio classique coûte 30 euros, un scanner revient à 200 euros © Pierre-Yves Thienpont

En moyenne, le coût du service radiologie revient à 120 euros par an pour chaque Carolo, nous apprend une étude de l'Inami. C'est nettement plus que la moyenne nationale, établie à 102 euros.

La tendance se répète dans tout le Hainaut. Mons est encore plus mal classée : 127 euros. Il n'y a qu'Arlon qui fait pire : 131 euros. À Charleroi, le coût total dépasse les 50 millions d'euros. À Mons, on flirte avec les 31 millions d'euros.

La faute à qui ? Certainement pas aux radiologues qui, eux, font ce qu'on leur demande. Christian Delcour, président de l'Union des radiologues, précise : « Nous répondons à une prescription médicale. Il faut plutôt s'interroger sur la pertinence de chacune de ces prescriptions. » À ce titre, un site Internet est dédié à la question : www.pasderayonssansraisons.be. L'objectif est clair : sensibiliser. « Nous souhaitons conscientiser le public, il faut le responsabiliser. Aujourd'hui, trop peu de patients mesurent précisément le coût d'une radiologie. »

Le prix d'un examen varie en fonction de l'intervention. Une radio classique coûte 30 euros, un scanner revient à 200 euros.

Faut-il limiter les interventions ? Certainement pas. En revanche, il convient de sensibiliser la population aux conséquences des habitudes alimentaires. Notre mode de vie a des conséquences. L'alimentation est discutable, surtout dans les classes défavorisées.

À Charleroi, le taux d'ACV est l'un des plus élevés du royaume. Aujourd'hui, les médicaments les plus consommés combattent le cholestérol et la dépression. C'est révélateur. « C'est un choix de société, dit le docteur Delcour. « On peut lire “Fumer tue” sur un paquet de cigarettes mais cela ne fait pas régresser les drames du cancer du poumon. »

En d'autres termes, les actes préventifs soignent notre santé individuelle et notre portefeuille collectif.