Des bornes qui font polémique devant le palais de justice

GISELE MARECHAL

lundi 30 juillet 2012, 09:15

Mons. des bornes amovibles ont été placées devant une porte d'accès au palais de justice de Mons. Le président du tribunal et le procureur du Roi dénoncent cette mesure qui entraverait le bon fonctionnement de la justice.

Devant l'entrée cochère, les bornes ! Depuis une semaine, la porte cochère de droite du palais de justice de Mons, la seule entrée qui permet d'accéder en véhicule à l'arrière de l'édifice, est condamnée par la pose de bornes. L'anomalie est flagrante, aux yeux de quiconque veut contempler l'édicule de verre qui abrite l'ascenseur qu'emprunteront sous peu les personnes arrêtées qui ont rendez-vous chez un juge d'instruction. Une dernière histoire belge ?

« Tout a été réalisé par la police administrative en concertation avec les acteurs : autorités judiciaires, police, pompiers, régie des Bâtiments », commente Marc Darville, échevin des travaux. Guy Limage, commissaire responsable de la police administrative de Mons-Quévy, ne dit pas autre chose.

Renseignements pris sur place, Christian Henry, procureur du Roi, regrette pourtant que cette porte cochère ne soit plus accessible… « Voyez, ces bornes sont amovibles, du moment qu'on possède la clef pour les ôter », confie-t-il, tentant de rassurer.

Alain Nicolas, président du tribunal de première instance, est cité comme ayant pris part aux négociations en ce sens, et avalisé la pose de ces bornes. Il dément. Et conteste. « La Ville et la Régie des Bâtiments, auraient-ils le pouvoir de s'approprier une zone qui a toujours été affectée au service judiciaire ? Ma réponse est non ! Je considère qu'il s'agit d'une voie de fait, que je dénonce au même titre que le procureur du Roi regrette ce bornage. » Estimant la mesure inacceptable, « je ne connais aucun palais ayant un accès aussi difficile que celui-ci. Y compris pour l'intendance. » Nombre de magistrats de Mons ne disposent pas d'un bureau. « Il serait normal qu'ils puissent acheminer en voiture, sur place, les dossiers programmés aux audiences, qu'ils étudient à leur domicile ! Du reste, à mon arrivée comme président de ce tribunal, j'ai pris connaissance du projet de place piétonne face au palais. D'entrée de jeu, j'ai demandé qu'un nombre minimal de places d'arrêt et de stationnement demeure devant le palais. Même si je ne suis pas contre l'aménagement d'une place piétonne, plus conviviale que l'actuel parking. Du reste, c'est dans cette perspective que j'ai demandé à disposer du parking latéral. Réservé surtout au passage des fourgons cellulaires, il n'offre que 10 places pour les

magistrats et greffiers, dont certains sont susceptibles de venir les nuits comme les week-ends. »

La cursive de droite du palais n'est certes plus utilisée pour acheminer en véhicule, les détenus. Est-ce une raison pour la condamner ? « Si des oppositions existent, qu'elles se fassent connaître, et on avisera », confie Guy Limage. La balle est dans le camp des autorités judiciaires.

Vers la riposte ? Il y a urgence : le projet de place piétonne sera budgété en 2013, assure-t-on à la Régie des Bâtiments…