Un directeur au profil de routard

JOEL MATRICHE

mercredi 29 septembre 2010, 11:01

Liège. Ancien collaborateur du Guide du Routard, Jean-Marc Gaye a vécu deux ans au Japon. Il se partage aujourd'hui entre la France et la Belgique. Son ouverture sur le monde a convaincu le jury à la recherche d'un nouveau patron pour les musées liégeois.

Un directeur au profil de routard

Le pôle muséal liégeois est en pleine mutation : une perspective qui n’effraye pas Jean-Marc Gaye, qui succède à Constantin Chariot à la tête des musées © Elodie Ledure

ENTRETIEN

Né à Lyon il y a 60 ans, Jean-Marc Gaye prendra, le 1er octobre, la direction des musées liégeois.

Vous être sorti avec succès d'un long processus de sélection. Une expérience stressante ?

Je savais que mon parcours était atypique. Et j'ai 60 ans, il n'était pas facile de se mettre dans la mouvance d'un examen. Il y avait 71 candidats, leurs dossiers ont été analysés par le jury puis il y a eu une épreuve écrite – nous étions 30 – et enfin une audition dans l'ancienne salle des mariages de l'hôtel de ville. Donc, oui, c'était stressant.

Vous évoquez un parcours inhabituel…

Je suis né en France mais j'habite depuis longtemps en Belgique. Après mon diplôme à l'Ecole de Commerce de Paris, j'ai travaillé deux ans avec Philippe Gloaguen à la rédaction du premier Guide du Routard. Puis de 1980 à 1982, j'ai enseigné deux ans au Japon. Je suis ensuite revenu en Europe, en France puis en Belgique.

Président du musée de la Tapisserie, des Arts du tissu et des Arts muraux de Tournai, vous connaissez également bien Liège et ses musées…

J'ai notamment participé aux expositions sur Lambert Lombard, Gustave Serrurier-Bovy, Paul Delvaux… J'ai également participé à la scénographie du Grand Curtius, un musée que je connais bien. J'ai comme souci récurrent, depuis de nombreuses années, de rapprocher les musées du public.

Construction du Ciac, création d'un pôle des Beaux-Arts, rénovation du musée d'Ansembourg et liaison avec le Curtius : les chantiers ne manquent pas…

Oui, je suis tombé à un bon moment, c'est une période plutôt exaltante. Sur le long terme, il y a aussi la consolidation du dossier de candidature de « Liège 2017 ». Cette candidature devra officiellement être déposée dans le courant de 2011, il faut proposer quelque chose de solide. Mais dans les prochains mois, je vais surtout m'attacher au plus urgent, embrayer sur les projets existants et surtout, plonger dans tout le travail administratif. Il y a de petites choses à régler, comme améliorer le parcours du Curtius : cartels trop petits, panneaux didactiques parfois trop ardus et difficiles à comprendre… Ce sont des détails… qui n'en sont pas vraiment, il faut que les visites soient les plus agréables possibles. Il faut aussi favoriser le dialogue entre les restauratrices, les conservateurs, les gardiens… Je voudrais aussi que les gardiens soient plus au courant du contenu des musées, qu'ils jouent un vrai rôle d'interface entre le public et les collections. Ce n'est donc pas avant quelques mois que je viendrai avec des projets plus personnels.

Réserves muséales

Le déménagement définitif des réserves ne devrait pas se faire avant quelques années, a confirmé l'échevin de la Culture Jean-Pierre Hupkens. Différentes pistes sont étudiées, dont le Val Benoît, l'ancien tunnel sous le quai de Maastricht ou la construction d'un nouveau bâtiment.