Meister Sprimont : « Ce genre de pratiques est illégal »

Rédaction en ligne

lundi 27 février 2012, 17:25

« Un tel comportement est inacceptable de la part d'un employeur », dénonce le professeur émérite en droit social de l'UCL, Gilbert Demez. Il juge ce coup de force « illégal ».

Le professeur émérite en droit social de l'UCL, Gilbert Demez, juge « illégal » le coup de force tenté par la direction de Meister Benelux afin de récupérer des camions chargés de matériel sur le site de l'entreprise à Sprimont. « Un tel comportement est inacceptable de la part d'un employeur ; d'autant plus que cela s'est fait alors qu'il y avait un conflit social dans l'entreprise », explique-t-il, estimant que cette manière de faire rend difficile la poursuite des négociations. « Tout ça est malsain. Il y a des procédures à suivre, notamment en matière de vente, alors pourquoi ne pas les respecter ? », s'interroge-t-il encore.

Le professeur estime par ailleurs qu'il existe très peu moyens de pression sur cette entreprise allemande. Des démarches peuvent cependant être entreprises, notamment par le gouvernement ou des organismes de représentation des travailleurs, précise-t-il.

Dimanche, une vingtaine d'hommes, qualifiés de « milice privée », ont envahi le site de Sprimont dans l'intention d'emporter du matériel « de gré ou de force ». Une centaine de travailleurs et de syndicalistes se sont postés devant l'usine pour bloquer toute sortie de convoi. Les hommes, engagés par la direction, ont été évacués durant la nuit par la police. Deux travailleurs ont été agressés, et du matériel de production cassé.

Le conflit social touche la société Meister depuis lundi dernier lorsque la direction a annoncé que deux importantes commandes, initialement prévues à Sprimont, seraient réalisées ailleurs. La direction avait été séquestrée mercredi dernier.

(avec Belga)