Crash à Huy : le téléphérique va être sécurisé

Rédaction en ligne

samedi 07 avril 2012, 13:48

Avant de s’écraser dans le centre de Huy vendredi soir, l’hélicoptère a sectionné un câble du téléphérique reliant les deux rives de la Meuse. Par ailleurs, le SPF Mobilité et Transports a ouvert une enquête pour vérifier si la législation aéronautique a été respectée.

Au terme d’une nouvelle réunion de crise qui s’est tenue samedi matin à Huy, au lendemain du crash d’un hélicoptère au centre de la cité mosane, de gros travaux vont être entrepris dès ce samedi pour sécuriser les installations du téléphérique fortement endommagées, a annoncé le bourgmestre hutois Alexis Housiaux.

Avant de s’écraser dans le centre de Huy, l’hélicoptère a sectionné un câble du téléphérique reliant les deux rives de la Meuse. Sous la tension, plusieurs autres câbles ont cédé ou ont été fortement endommagés. Certains reposent sur des toitures de maisons, d’autres jonchent le sol et un est partiellement immergé dans la Meuse.

La plupart des voiries du quartier de Saint-Remy, à proximité de l’hôpital, sont fermées à la circulation depuis vendredi soir. La circulation fluviale reste également interdite. La liaison entre Huy et Modave est aussi fermée.

Une réunion de crise a mobilisé samedi matin les autorités communales, les services techniques du téléphérique, les pompiers, la police, la Protection civile et les responsables de plusieurs entreprises de génie civil. Il a été conseillé aux habitants de rester chez eux afin d’éviter de nouveaux accidents en cas de mouvements incontrôlables de certains câbles qui peuvent se rompre à tout moment.

De gros travaux vont être entrepris afin d’évacuer les câbles menaçant. « Ces câbles pèsent plusieurs tonnes. Certains reposent sur d’autres, augmentant la tension. L’un est retenu par la croix de l’église Saint-Remy. Les opérations qui seront menées samedi après-midi nécessitent de très gros moyens de génie (grues et autres) et comportent inévitablement des risques », explique le bourgmestre. « Lors de ces travaux, nous envisageons l’évacuation momentanée des quartiers concernés. Nous espérons pouvoir rétablir la circulation dans la ville et sur le fleuve en début de soirée ».

Enquête ouverte

L’accident d’hélicoptère qui a coûté la vie vendredi soir au pilote Jean-Philippe Dantinne et au photographe hutois Lorent Matagne fait actuellement l’objet d’une enquête menée par le SPF Mobilité et Transports pour tenter de déterminer les causes de l’accident survenu au centre de Huy, a indiqué samedi un porte-parole du SPF.

« Outre les causes de l’accident, il conviendra notamment de vérifier si la législation aéronautique a été respectée. Menées en parallèle avec l’enquête judiciaire, nos investigations pourraient nécessiter entre un et deux mois de travail », explique un porte-parole du SPF Mobilité et Transports.

« Deux règles de base sont édictées en la matière. Pour entreprendre tout vol, il convient de détenir une autorisation délivrée par les autorités de contrôle. Ensuite, le survol des villes et zones fortement habitées est interdit. Nous octroyons des dérogations, mais nous essayons d’éviter cela si ce n’est pas vraiment nécessaire », précise le porte-parole.

Concernant l’altitude de vol, le législateur dit que sauf pour les besoins du décollage et de l’atterrissage ou sauf autorisation des autorités compétentes, il est interdit de faire évoluer un aéronef, notamment au-dessus des villes et des parties agglomérées de communes, des zones d’habitation, des complexes industriels, des centrales nucléaires, des prisons ou des rassemblements de personnes en plein air à une hauteur inférieure à 300 mètres (1.000 pieds) au-dessus de l’obstacle le plus élevé, situé dans un rayon de 600 mètres autour de l’aéronef.

Toutefois, pour les hélicoptères, une hauteur minimale différente peut être fixée par les autorités compétentes, sans qu’elle puisse être inférieure à 100 mètres (300 pieds) au-dessus de l’endroit survolé.

(belga)