Un pont-passerelle à Tilff ?

JULIE SCHYNS

mercredi 18 avril 2012, 09:14

Esneux. Le ministre propose un ouvrage qui passe au-dessus de la voie ferrée. Une solution qui semble plaire à la majorité communale et Infrabel.

Un pont-passerelle à Tilff ?

Dans le cadre du remplacement du pont de Tilff, le ministre des Travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH), propose un pont qui passe au-dessus de la gare de Tilff Il serait alors assorti d’une passerelle © D R

Le ministre wallon Carlo Di Antonio (CDH), en charge des Travaux publics, l'avait annoncé avant les vacances de Pâques : la solution qu'il présentera pour remplacer le pont de Tilff sera surprenante.

Il n'avait pas tort… Lors du mois de mars, le ministre s'était rendu dans le village esneutois afin de rencontrer les riverains. Il avait alors clairement affirmé qu'il se positionnait en faveur de la construction d'un pont à l'identique. Et pourtant… Ce mardi, il a déposé sur la table un projet inédit : un pont-passerelle.

Dans la proposition de solution (voir illustration), le nouveau pont débute à hauteur du rond-point du Porai, traverse l'Ourthe, passe au-dessus de la gare de Tilff pour rejoindre la rue du Fonds du Moulin dans son deuxième tournant.

Une passerelle, sous le pont, est également prévue. Elle vise à développer la mobilité douce et à redynamiser la gare. Elle permettra en effet aux piétons et aux cyclistes d'accéder au site ou au Ravel à proximité. Le coût de ce pont-passerelle est estimé à 4 millions d'euros.

Cette solution permet donc de supprimer le passage à niveau qui se situe actuellement à l'extrémité du pont et ainsi de respecter la convention qui lie la Région à Infrabel.

« Le passage à niveau étant supprimé, la circulation sera sécurisée et fluidifiée, commente le ministre des Travaux publics. L'avantage, c'est qu'on garde l'unité du village. Avec le projet de rocade (NDLR : contournement du centre de Tilff par l'île du Moulin), on coupait le village en deux. On gagnait peut-être en moyenne quelques minutes pour accéder au CHU mais le reste du temps, on en perdait beaucoup plus à chaque trajet. »

Pour rappel, le dossier du pont de Tilff épuise les ministres régionaux et pourrit le climat local depuis 2005. Dernièrement, lorsque Carlo Di Antonio a annoncé qu'il ne souhaitait pas suivre son successeur Benoît Lutgen (CDH) qui, lui, défendait le projet de rocade, il avait froissé Infrabel et la majorité communale.

Aujourd'hui, les trois partenaires du projet (la commune, Infrabel et la Région) semblent s'accorder.

« C'est une solution qui prend en compte les aspects de mobilité et de sécurité, dit Laura Iker, bourgmestre (MR) d'Esneux. De plus, ce projet semble s'intégrer dans le paysage. J'ai demandé d'autres illustrations afin de voir comment, concrètement, le pont s'implanterait dans le site mais a priori, ça a l'air pas mal. Pour la première fois, j'ai l'impression que le dossier bouge. »

Du côté d'Infrabel, on affirme qu'il s'agit d'une option « enthousiasmante » : « Notre priorité était la suppression du passage à niveau et c'est le cas dans ce projet, qui semble techniquement envisageable. »

Pourquoi n'avoir pas proposé cette solution intermédiaire plus tôt, serait-on tenté de questionner ? « Ce principe avait déjà été étudié mais on pensait que c'était impossible, avoue Carlo Di Antonio. On a quand même creusé cette perspective et en construisant le pont de biais, cela s'est avéré faisable. »

Alléluia ? Bien que le ministre espère débuter les travaux en 2014, il ne faudrait pas crier victoire trop vite car le principe doit encore être soumis à une étude d'incidence. Une enquête publique devra ensuite avoir lieu, période lors de laquelle les riverains seront amenés à s'exprimer. Les Esneutois le savent, dans ce dossier, la prudence reste de mise…