Mieux équiper et... former

MELANIE GEELKENS

samedi 21 avril 2012, 17:04

Jean-Luc Thibaut ne parvient à retenir ses larmes, alors qu’il termine son discours de remerciement. « Vous savez, cela correspond à 5 ans de travail ! Grâce à ce projet, j’ai retrouvé mon idéal, celui que je cherchais en me lançant dans l’enseignement : pouvoir former », glisse ce coordinateur du nouveau Centre de technologie avancée, inauguré ce vendredi à l’Institut Don Bosco de Liège.

Ce CTA offre désormais un matériel de pointe dans le domaine de la menuiserie industrielle (bois, PVC, aluminium). Débiteuse à 2 têtes, défonceuse numérique, sertisseuse… « Vraiment des machines dernier cri, que l’école n’aurait pas pu se payer seule », commente Jean-Luc Thibaut. Coût : 850.000 euros.

Tel est le principe des CAT : un établissement scolaire abrite du matériel flambant neuf, financé en partie par des fonds européens et par la Fédération Wallonie-Bruxelles. En échange, les locaux sont également accessibles (gratuitement) à toutes les écoles de la région, tous réseaux confondus, mais aussi au Forem et aux entreprises qui souhaiteraient former leurs travailleurs à de nouvelles technologies.

Objectif ? Contribuer à la revalorisation des métiers techniques et manuels. « Il faut bien sûr motiver les élèves et changer la mentalité des parents, explique Marie-Dominique Simonet, ministre wallonne de l’Enseignement obligatoire (CDH). Mais cela passe aussi par la mise à disposition d’un matériel de pointe pour les écoles. » « Mieux équiper nos établissements pour mieux former nos jeunes, ajoute la directrice, Isabelle Gathot. Faire comprendre qu’il est nécessaire d’avoir l’intelligence de la main pour faire tourner le monde de demain. »

Le CTA de Don Bosco est le 31e à ouvrir ses portes en Wallonie et à Bruxelles, le 5e en région liégeoise. Budget global : près de 30 millions.

Mais ces centres remplissent-ils leur mission ? En février, le député Écolo Yves Reinkin avait lancé la question au Parlement, soulignant que le CTA de Flémalle, à l’athénée provincial Guy Lang, n’avait été utilisé que durant… 18 jours en 2011. Marie-Dominique Simonet avait alors annoncé qu’elle commanderait un rapport complet, afin de savoir si le problème était particulier ou structurel. Les conclusions n’ont pas encore été livrées.