Echange voiture contre vélo

PHILIPPE BODEUX

jeudi 03 mai 2012, 09:13

Liège. huit liégeois habitant sur les hauteurs remplacent la voiture par un vélo électrique pour rallier la gare. Durant un an, ils vont relater leur expérience.

Echange voiture contre vélo

Les huit navetteurs testeront l’expérience durant un an Afin d’en évaluer les bénéfices par tous les temps © M Tonneau

Jean-Luc Champion, 59 ans, habite à Embourg. Désormais, pour prendre le train de 7 h 42 aux Guillemins, il se rendra à la gare avec un vélo électrique. « J'ai calculé cela fait 7,8 km. J'ai quarante minutes pour le faire, ça devrait aller avec l'assistance électrique. »

Nicolas, Cécile, Marc… Ils sont huit Liégeois à tenter l'« e-bike2station expérience », choisis parmi une centaine de candidats. « Dès que j'ai été choisie, j'ai revendu ma voiture – j'ai eu un abonnement de bus gratuit de trois ans –, ainsi je vais économiser un max », déclare Coline Hublart, 28 ans. Jusqu'à il y a peu, elle descendait en voiture du quartier Saint-Laurent pour ensuite prendre le train en direction de Namur. « Je me garais un peu n'importe où dans le quartier parce que le parking, c'est cher. »

Ce mercredi, les huit volontaires ont reçu un vélo électrique d'une valeur de 1.300 euros, un casque, un cadenas, une mallette à « clipser » au porte-paquet ainsi qu'une formation à la conduite en ville. En outre, ils bénéficieront d'un parking sécurisé à la gare avec une borne pour recharger leur vélo. « La totale ! », s'exclame Coline qui craint néanmoins la pluie et le froid. « Nous menons l'expérience sur un an de manière à ce que les participants appréhendent l'ensemble des difficultés pour ce type de mobilité : le climat, la sécurité, la qualité des infrastructures ou encore le relief », explique Julie Charles de l'association Provélo qui a lancé cette recherche-action avec Inter-environnement Wallonie (IEW) et la SNCB Holding.

Pollution, hausse du carburant, prix du parking… Les arguments ne manquent pas pour laisser la voiture au garage. Mais il existe des freins. « J'ai toujours voulu venir à la gare à vélo mais, habitant Ougrée-Haut, je ne me voyais pas remonter en fin de journée chez moi. Si le test du vélo électrique est concluant, il se peut que je fasse de belles économies en n'ayant plus qu'une voiture familiale, explique Pierre Kreutz, 43 ans, navetteur. Et puis, la pratique du vélo ce sera très bénéfique pour ma santé. »

Provélo et la Maison des cyclistes ont étudié, pour chacun des participants, le meilleur itinéraire domicile-gare. « C'est la sécurité au milieu du trafic qui m'effraie le plus », déclare Cécile Yernaux, 46 ans qui habite Bois-de-Breux. Chacun va consigner par écrit ses remarques, histoire d'identifier les freins à ce nouveau type de mobilité.