Ex-fans des sixties, revoici les années folles

JOEL MATRICHE

vendredi 11 mai 2012, 09:33

Dans un mois, expo à gros budget sur les années 60 dans les parkings de la gare des Guillemins. Au programme, un grand travail documentaire, des décors dignes d'un plateau de cinéma, des reliques empruntées à des musées et collectionneurs privés.

Ex-fans des sixties, revoici les années folles

René schyns et Jacques broun, les patrons de l’expo, ont aussi joué sur l’humour, notamment dans la reconstitution partielle de l’Hôtel du Globe, lieu culte de la Grande Vadrouille De même que de la chambre où ont

Ça cloue, ça colle, ça visse dans le parking de la gare des Guillemins : succédant à « SOS Planet et ses 230.000 visiteurs, voici « J'avais 20 ans en 60 », un flamboyant hommage aux sixties qui ouvrira ses portes le 14 juin.

L’expo des expos

Raretés

L'expo des Guillemins, c'est aussi le catalogue des objets qui ont marqué les sixties : une salle est notamment réservée à la collection complète des sérigraphies de Marilyn Monroe, à des œuvres de Roy Lichtenstein et d'autres peintres du pop art. Mis en scène et en vitrines aussi, l'authentique Harley Davidson de Brigitte Bardot, des costumes des Stones et de Velvet Underground, une guitare de Jimi Hendrix, des morceaux du mur de Berlin, des robes de Françoise Hardy et de Sheila, un uniforme de gardien de Check Point Charlie et un exemplaire du petit livre rouge, des manuscrits des Beatles et du président Kennedy, le maillot jaune d'Eddy Merckx, le pistolet en or de James Bond…

« C'est la suite de 'J'avais 20 ans en 45' qui a accueilli 750.000 visiteurs », explique le commissaire général de ces expositions, René Schyns. Car les années 60, continue-t-il, « ont révolutionné le monde, un souffle nouveau est passé sur l'économie, la culture et la politique.

Une trentaine d'ouvriers s'attellent aujourd'hui au montage du parcours, long d'un kilomètre, bientôt ponctué de vitrines, de décors, de reliques fleuries que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Les décors sont à la mesure de cette exposition-spectacle dotée d'un budget de 6,5 millions d'euros : le dépôt de livres d'où Lee Harvey Oswald a tiré le 22 novembre 1963 sur John Kennedy a été intégralement reconstitué et un film projeté derrière ce décor devrait, promettent les organisateurs de l'expo, donner aux visiteurs l'illusion d'assister à l'arrivée du cortège présidentiel. Les rues de Paris jonchées de pavés, l'atterrissage du module lunaire sur la mer de la Tranquillité, le mur de Berlin et sa Traban encastrée, un quai de Saint-Tropez un soir de défilé de mode ont été reconstitués avec la même précision parce que, répète le concepteur de l'exposition, Jacques Broun, « notre volonté est que le visiteur puisse s'immerger dans l'exposition, qu'il puisse voir, toucher, entendre. » Pour compléter cette « immersion », de nombreux extraits musicaux et vidéos complètent le parcours. Avec une mention spéciale pour cette scène de la Grande Vadrouille, jouée en boucle sur un téléviseur qui est lui-même fiché dans un des couloirs reconstitués de l'Hôtel du Globe.

Les chiffres sont à la hauteur de ce déploiement de stucs : plus de 15.000 heures de travail pour la construction et 8.000 heures supplémentaires pour le montage, 45 kilomètres de câbles, 5.000 mètres carrés de cloisons, 4.000 mètres carrés d'exposition sur une surface totale de 6.000 mètres carrés.

L'inauguration, en présence du couple royal, aura lieu le 14 juin et le public sera reçu dès le 16 juin, tous les jours de 10 à 19 heures. Les adultes paieront 11 euros mais des tickets combinés (train et entrée) seront mis en vente pour 13 euros.