Le siège d'Agoria sera-t-il à Liège ?

JOEL MATRICHE

mercredi 30 mai 2012, 09:09

Urbanisme. Le siège liégeois de la fédération Agoria doit être lourdement transformé et agrandi. La Région refuse de délivrer le certificat de patrimoine. Agoria va-t-elle s'adapter ou aller voir ailleurs?

Le siège d'Agoria sera-t-il à Liège ?

L’ancien siège d’Agoria Liège-Luxembourg a déjà fait l’objet de travaux préliminaires, notamment le désamiantage En attendant une radicale transformation © Michel Tonneau

Un immeuble de sept étages empli de bureaux a-t-il sa place dans un quartier à vocation résidentielle et dont l'accès aux différents moyens de communication n'est pas la qualité première ? Agoria, la fédération de l'industrie technologique pressée de rénover son siège pour Liège-Luxembourg, et la Région wallonne, sollicitée pour la délivrance du certificat d'urbanisme, s'affrontent autour de ce point d'interrogation, annonçait L'Echo dans son édition du 29 mai.

En cause, le siège liégeois de la fédération, situé boulevard Emile de Laveleye et qu'Agoria a provisoirement déserté dans l'attente d'une lourde rénovation. Son espoir est d'agrandir et transformer l'immeuble – pour 10 millions d'euros – afin d'en faire un « business & conference center » dont l'architecture autant que les fonctionnalités devraient refléter le savoir-faire des entreprises membres. Signé par le bureau Greisch, le nouveau quartier général de la fédération devrait être inauguré en 2014.

Ce calendrier pourra-t-il être respecté ? Le scepticisme du fonctionnaire délégué de la Région wallonne face à cet ensemble de bureaux n'est pas de bon augure. Craignant que les gabarits avancés par les auteurs du projet (un rez-de-chaussée et sept étages) ne deviennent une nouvelle référence dans ce quartier de la rive droite de la Meuse, regrettant la quasi-absence de ponctuations et de jardins dans cette architecture, doutant aussi de l'opportunité de regrouper autant d'employés dans un quartier dont ce n'est a priori pas la vocation, le représentant de la Région n'a donc pas délivré le précieux CU2 (lire ci-contre).

« Même s'il n'est pas contraignant, puisque c'est la Ville qui est appelée à délivrer le permis d'urbanisme, cet avis a un certain poids », concède le président d'Agoria Liège-Luxemburg, Christian Pans.

Encore faudrait-il, pour que le collège communal fasse fi de l'avis du fonctionnaire délégué, que cette divergence d'opinions soit correctement motivée et argumentée.

Quitter Liège ?

Et maintenant ? Ce sera boulevard Emile de Laveleye ou en dehors de Liège, laisse entendre Christian Pans : « L'immeuble prévu n'est pas plus haut que les bâtiments voisins, même s'il n'est pas promis, il est vrai, aux mêmes fonctionnalités. L'option privilégiée est de rester à cet endroit, nous allons faire le point et voir si, dans les réticences du fonctionnaire délégué, il n'y en a pas qui peuvent être prises en compte. Si ce n'est pas possible, s'il n'y a pas de terrain d'entente et d'adaptation possible, alors nous envisagerons de nous installer dans une autre commune. »