Une galerie d'art au nouveau palais
LAURENCE WAUTERS
mardi 05 juin 2012, 09:44
Liège. Ce week-end, une expo « Ars Justitia » ou la justice dans l'art contemporain. Dans le cadre de son bicentenaire, le barreau de Liège ouvre les portes des annexes du palais de justice des 8 et 9 juin.
Les tribunaux du commerce et du travail ont déjà établi leurs quartiers dans lannexe sud
Le parquet est installé dans laile nord © Michel Tonneau
Les annexes du palais de justice de Liège commencent, au fil des déménagements, à prendre vie. Les tribunaux du commerce et du travail ont établi leurs quartiers dans l'annexe sud, tandis que l'annexe nord se remplit avec le parquet, déjà installé, le tribunal de la jeunesse prêt à y entrer, ou encore le tribunal correctionnel qui, dès septembre, y verra s'y dérouler ses audiences.
Dans les bâtiments, l'odeur de peinture fraîche a disparu des murs, mais ceux-ci arborent encore une virginité que les justiciables leur feront perdre au fil du temps. Pour attirer ces derniers à découvrir le nouveau QG de la Justice, on transformera presque, ces vendredi et samedi 8 et 9 juin, ces murs blancs en cimaises : de grands socles s'installeront devant pour y abriter des uvres uniques dans le cadre d'une exposition baptisée « Ars Justitia, l'art actuel s'invite au nouveau palais de justice de Liège », montée par le barreau de Liège pour clôturer les festivités de son bicentenaire.
« C'est un événement exceptionnel dans un lieu symbolique, commente le bâtonnier Eric Lemmens. Le palais de justice appartient aux citoyens, et nous voulons les inviter à pousser la porte du palais, à se l'approprier. » Vendredi de 8 à 18h, et samedi de 10 à 18h, les couloirs de l'annexe Sud se mueront donc en « galerie d'expo temporaire » où tout le monde pourra pénétrer gratuitement.
À galerie originale, galeriste particulier : Me Eric Therer, avocat passionné d'art, s'est pour l'occasion mué en commissaire d'exposition et restera là durant les deux journées, histoire de guider ses hôtes. Le choix des uvres a été opéré « par un travail de défrichage », sur plusieurs mois : « Nous avons voulu exposer une série d'uvres développées sur le thème de la justice par des artistes contemporains qui nous livrent des regards très variés. Il y a beaucoup de réflexion dans ces uvres, énormément d'originalité, mais l'approche des artistes reste respectueuse, il n'y a pas de provocation inutile ». Ses coups de cur ? Les codes Larcier, revus façon totem par l'artiste belge Denmark, les hommes sans visage de l'Ostendais Yves Velter présenté comme l'héritier de Léon Spilliaert et James Ensor Les condamnés du peintre Jean-Pierre Ransonnet, ou encore le travail poétique d'Arnaud Eeckhout réalisé à partir du
bruit que peut faire le code civil lorsqu'on le perfore ou le scie.