Le Val-Benoît entame enfin sa mue

PIERRE MOREL

mardi 12 juin 2012, 08:55

Liège. Un auteur de projet a été désigné pour la réhabilitation du site universitaire. Les premières entreprises sont attendues dans le zoning urbain de nouvelle génération en 2016.

Le Val-Benoît entame enfin sa mue

Le site du Val-Benoît tel qu’il pourrait se présenter au terme de sa réhabilitation Le bâtiment du Génie civil, au centre, sera le premier à accueillir les entreprises © SPI/Baumans-Deffet

La longue gestation du projet de réhabilitation de l'ancien site universitaire du Val-Benoît à Liège semble toucher à sa fin. Pilote du dossier, l'intercommunale de développement économique Spi vient en effet de désigner officiellement un auteur de projet, les architectes Baumans-Deffet.

Le recours en suspension au Conseil d'État d'un concurrent contre cette désignation a été rejeté et, si un recours en annulation est toujours pendant, la Spi « décide d'avancer », dixit son président Julien Mestrez.

C'est qu'il est temps : l'idée d'implanter une zone d'activité économique sur ce site de 7,8 hectares comprenant plusieurs bâtiments construits dans les années 30, remonte à 2005, suite à une étude du Segefa (ULg). Si trois de la dizaine de bâtiments du site ont déjà été réaffectés (pour le Forem et l'école d'acteurs du Conservatoire), les premières entreprises devraient s'installer dans les 14.000 m2 du bâtiment du Génie Civil, propriété de la Spi, en 2016, après deux ans de travaux. Cette première phase de la réhabilitation coûtera environ 25 millions d'euros et 20 millions de subsides wallons ont déjà été obtenus. En deuxième phase, la Spi va racheter puis rénover le bâtiment de Chimie et l'espace Stévart, qui accueille actuellement le chapiteau des guindailles universitaires.

Les affectations finales du bâtiment de Mécanique, appartenant à la Ville, et de l'ancienne chaufferie, appartenant à l'ULg, sont encore inconnues. Par contre, la Société wallonne du Logement travaille avec le privé à un projet de logements.

Tout cela doit encore faire l'objet d'un véritable projet architectural précis, puis de demandes de permis, mais Arlette Baumans, pour les auteurs de projet, en explique la philosophie : « C'est une zone d'activité économique de nouvelle génération, avec de la concentration verticale et dans un véritable morceau de ville, souligne-t-elle. Le Val-Benoît, entouré des barrières que sont la Meuse, l'autoroute et des voiries, est une sorte d'île et notre projet consiste à la rendre poreuse. »

Outre les rénovations à haute valeur ajoutée environnementale des principaux bâtiments, les auteurs de projet proposent un parking enterré surmonté d'une dalle en pente, s'ouvrant en « balcon » sur la Meuse, des circulations piétonnes sur passerelles, la mise en valeur des espaces verts intérieurs et, si le projet marche, l'un ou l'autre nouveau bâtiment de belle hauteur pour accueillir du logement et « dialoguer » avec la tour du Forem.

Mais, rappelons-le, ce n'est qu'une ébauche : le projet final est attendu dans quelques mois.

« Beaucoup d'entreprises sont très intéressées par les potentialités du site, certifie Françoise Lejeune, directrice de la Spi. Vu le manque de terrains disponibles, ces zonings urbains sont l'avenir pour les entreprises. Le succès du site Pieper à Liège, où il ne reste qu'un terrain disponible, le prouve. »