Finir sa vie avec gourmandise

MELANIE GEELKENS

jeudi 14 juin 2012, 09:21

Oupeye. Le service palliatif du Centre hospitalier chrétien d'Hermalle-sous-Argenteau a reçu un don de 12.000 euros de la part de Belfius. Cette somme a permis de développer le projet "le plaisir de l'alimentation" destiné à rendre aux personnes en fin de vie le gôut des bons repas.

Finir sa vie avec gourmandise

Les 12000 euros reçus ont permis d’aménager une cuisine dans l’ancienne salle de garde, mais aussi de construire deux chariots inédits, sur lesquels les personnes peuvent venir choisir leur repas © Michel Tonneau

Une verrine, une assiette rectangulaire, une mini-tasse à café, une serviette colorée… Cela peut sembler anodin. Mais sur un plateau-repas servi dans un hôpital, ce genre d'attention n'a rien d'un détail. Les membres du service de soins palliatifs de la Clinique Notre-Dame de Hermalle-sous-Argenteau en sont convaincus.

Depuis 2007, cette équipe de 16 infirmiers travaille sur un projet intitulé « le plaisir de l'alimentation », destiné à redonner aux personnes en fin de vie le goût de la nourriture. Ce mercredi, ce programme a officiellement reçu un don de 12.000 euros de la part de la Fondation Belfius (ex Dexia).

« Ces patients suivent généralement un traitement depuis des années et ont dû subir beaucoup de privations, explique Marie-Paule Ernotte, infirmière en chef. Nous avons réalisé une enquête auprès de 90 d'entre eux et tous répétaient que l'alimentation était très importante à leurs yeux. L'un des derniers plaisirs qu'ils peuvent s'accorder. »

Or les plats servis en hôpitaux ne sont pas toujours des plus alléchants. Des plateaux tristounets, de la nourriture répétitive et peu goûteuse… « Lorsque l'unité a ouvert, en 1998, nous disposions de notre propre cuisine, se souvient Bernadette Braham, diététicienne. Puis une cantine centralisée a été créée et les menus se sont standardisés. Nous avons eu envie de refaire du sur-mesure. »

En donnant la possibilité à ceux qui le souhaitent de goûter à des viennoiseries, du jus d'orange pressé, des collations, différentes variétés de fromages… Les 12.000 euros reçus ont permis d'aménager une cuisine dans l'ancienne salle de garde, mais aussi de construire deux chariots inédits, sur lesquels les personnes peuvent venir choisir leur repas. « Comme au Lunch Garden ! », sourit une infirmière.

« Nous avons aussi acheté de la vaisselle adaptée, poursuit Bernadette Braham. C'est-à-dire très légère, pour que les patients qui n'ont plus beaucoup de force puissent l'utiliser seuls, mais aussi de petite dimension, car ils mangent souvent de faibles quantités et la simple vision d'un large plateau peut suffire faire passer l'envie de manger. »

Entre-temps, ce programme développé par le service de médecine palliative est devenu un projet pilote, suivi de près par plusieurs établissements hospitaliers en France (Lyon, Paris, Mans, Marseille…) Si la réaction des patients est positive, il pourrait s'étendre au service d'oncologie de la Clinique.