Une maison de justice « en liquidation »
LAURENCE WAUTERS
lundi 02 juillet 2012, 10:32
LAURENCE WAUTERS
lundi 02 juillet 2012, 10:32
Alors que les avocats francophones viennent, après un mois et demi de grève du BAJ (bureau d’aide juridique), de reprendre leurs missions en pro-déo, c’est au tour du personnel de la maison de justice de Liège d’exprimer une nouvelle fois son mécontentement.
Il a décidé de le faire en jouant sur l’humour, affichant deux banderoles sur la façade de l’immeuble qu’ils occupent boulevard de la Sauvenière, à côté du Crowne Plaza. Histoire de contraster samedi avec les drapeaux du tour de France et les affiches du début des soldes…
Les maisons de justice assurent l’aide aux victimes et le suivi des auteurs d’infractions. Mais alors que le personnel de cette institution se dit « fort inquiet » par la communautarisation des maisons de justice prévue par l’accord gouvernemental, la ministre Turtelboom a annoncé, parmi une série de mesures, la suppression de 35 équivalents temps plein sur un peu moins de 800 agents au total. Or, les maisons de justice se disent déjà « débordées », et sur Bruxelles et la Wallonie un peu plus de 5000 dossiers n’auraient, faute de bras, pas pu être traités dans les délais prévus par la loi.
« La ministre Turtelboom a décidé d’entamer son opération “liquidation” au sein des maisons de justice en touchant tant à l’essence même de leurs missions qu’au personnel chargé de les exécuter », estiment les représentants de la CSC et de la CNE, en front commun. « Le personnel de ces institutions compte bien sensibiliser le citoyen des risques liés à ces décisions politiques bien trop éloignées de la réalité de terrain. Elles ne peuvent qu’avoir un effet contre-productif en matière de sécurité pour tous les citoyens ! ».
Le 11 juin dernier, quelque 600 membres du personnel des maisons de justice s’étaient donné rendez-vous devant la Maison de justice de Liège pour manifester, transportant une effigie d’Annemie Turtelboom sur une civière.
La ministre de la Justice devait se rendre, ce jour-là, dans la Cité Ardente pour présenter son rapport sur l’avenir des Maisons de justice. Elle avait annulé en dernière minute.