Le Mont Mosan menacé par la pluie

LAURENCE WAUTERS

lundi 16 juillet 2012, 09:36

Tourisme. Toutes les attractions souffrent des conditions climatiques. Les patrons d'attractions regardent vers le ciel et croisent les doigts.

Le Mont Mosan menacé par la pluie

Comment attirer les touristes quand il pleut ? Le propriétaire du Mont Mosan, à Huy, aurait voulu investir dans un parc couvert, comme d’autres l’ont fait ailleurs… © élodie ledure

En 1986, Jean-Marie Vanberg s'installait sur les hauteurs de la Sarte, non loin du centre historique de Huy, avec otaries californiennes, carrousels et petits poneys. Pour préparer le cap du quart de siècle du « Mont Mosan », le propriétaire avait planifié de vastes travaux permettant de protéger les visiteurs de la pluie dans un parc couvert de 1.300 m2. Mais la crise a rendu les banques plus frileuses, et le projet a été mis en suspens l'an dernier, au moment des 25 ans… Aujourd'hui pourtant, une zone couverte aurait été bienvenue pour attirer les clients que la météo a fait fuir. « D'ailleurs s'il continue à pleuvoir comme ça, il n'y aura plus de Mont Mosan l'an prochain ! », craint le patron.

De fait, le calcul est vite opéré : ce vendredi par exemple, seuls 52 visiteurs ont opté pour le parc d'attractions hutois. « Et le prix d'entrée est de 7 euros, poursuit Jean-Marie Vanberg. Avec un nombre d'entrées pareil, je peux à peine payer trois personnes alors que j'en ai vingt qui travaillent ! »

Pour le patron, cette saison est « la plus pourrie » qu'il n'ait jamais eue depuis l'ouverture du parc : « Depuis avril c'est comme ça ! On a parfois quelques éclaircies, mais comme en Belgique on annonce une météo à dix jours et qu'on n'y met que des nuages et de la pluie, les gens ont prévu autre chose… Les grands parcs ont pu réaliser de gros investissements pour palier ça, avec des zones couvertes comme ce que nous aurions aimé construire pour 750.000 euros. La demande de permis d'urbanisme était déposée et toutes les démarches avaient été faites, mais avec la crise ça a été moins facile avec les banques. D'un côté, ce n'est pas plus mal vu les difficultés que nous traversons aujourd'hui… »

Pour des activités couvertes

Le parc avait déjà investi dans les abris pour animaux : 25.000 euros pour les poneys, 50.000 pour le nouveau bassin d'otaries, un bassin de quarantaine et un autre de maternité,… : « Ça fait déjà pas mal à rembourser… »

Si le « Mont Mosan » est le plus déçu par ce début de saison catastrophique, il est loin d'être le seul à regretter les draches de juillet. Ainsi, au domaine de Wégimont, on a accueilli 5.000 visiteurs durant cette première quinzaine alors qu'on a déjà frôlé les 90.000 visiteurs sur l'été quand le soleil était de la partie. « Heureusement, il y a d'autres activités que la piscine, explique Julien Mestrez, responsable du domaine. Les 122 lits que nous proposons sont occupés par des groupes, et le camping est à 95 % rempli… » Du coup, les activités proposées aux vacanciers sont en mode « couvert » : ici, on regarde le tour de France sur grand écran ou on joue à la pétanque. « Ils profitent aussi de la piscine, dès qu'une éclaircie arrive », ajoute le responsable. Et le personnel est réparti sur le domaine et élague, nettoie, repeint.

Idem au Monde Sauvage : « Quand il y a moins de monde, les étudiants font autre chose… Il y a de quoi s'occuper ! », confie Joseph Renson. Dans le parc d'Aywaille, on a beaucoup investi dans des activités couvertes ces dernières années. Ca permet de passer les pluies sans trop de dégâts sur le chiffre d'affaires… C'est ce que le « Mont Mosan » aurait aimé faire. Mais en attendant, le patron regarde le ciel…