« L'Expo n'est qu'un début… »

JOEL MATRICHE

mardi 31 juillet 2012, 08:57

Liège 2017. Fin novembre, le BIE désignera la ville hôte pour l'expo internationale en 2017. Le bureau VenhoevenCS détaille son « master plan ».

« L'Expo n'est qu'un début… »

Vue du plan masse de Liège 2017 tel que l’imagine le bureau VenhoevenCS © DR

Liège ou Astana ? Dans moins de quatre mois, l'assemblée générale du Bureau international des Expositions (BIE) désignera la ville d'accueil de l'exposition internationale 2017. Katharina Hagg est en charge du master plan du projet liégeois chez VenhoevenCS, un bureau néerlandais d'architecture et d'urbanisme.

Le bureau VenhoevenCS est connu pour son approche globale des grands chantiers urbains. Travailler sur un projet d'expo internationale est-il particulier ?

Oui, d'abord parce que le BIE a des exigences spécifiques, que le master plan doit rencontrer. Le site doit ainsi être d'une superficie de 25 hectares exactement, il doit y avoir un hôtel luxueux à proximité, des espaces réservés à l'organisation d'événements, une salle des congrès de 1.000 places, des plans d'urgence et d'évacuation, etc. Ensuite parce que les expositions passées montrent un problème récurrent : ce sont des événements extraordinaires qui se tiennent pendant quelques mois mais ont une influence très forte sur la ville tout entière et sur la région. Beaucoup d'argent est investi dans ces événements, autant par le privé que par le public – l'Union européenne par exemple. À Séville et Hanovre notamment, une grande partie de cet argent a été perdue parce que rien n'a subsisté après le démontage des expositions. Nous pensons, et c'est ce que montre notre master plan, que l'Expo devrait au contraire être utilisée comme un moteur pour améliorer la qualité de vie des habitants de Liège et d'au-delà.

Comment décririez-vous

le master plan ?

Le plus important est que ce plan considère l'Expo comme un moment dans le développement de Conronmeuse et de Bressoux. Nous nous approprions les exigences du BIE pour développer les infrastructures, initier de nouveaux développements ou faire redémarrer des projets que la crise a compromis. Ainsi, la zone autour de la gare de Bressoux deviendra-t-elle un nouveau pôle avec l'installation de la Foire internationale, le dépôt du tram et le logement, dans les tours de Droixhe, d'une partie du personnel de l'Expo (…) Ce que nous avons dessiné à Coronmeuse, c'est un écoquartier qui pourra être utilisé comme site d'expo pendant l'été 2017. Pour ce faire, les bâtiments ont été conçus pour pouvoir servir de pavillons puis être reconvertis en logements, magasins, bureaux… Les lignes de force du master plan sont les qualités intrinsèques du site (la darse de l'île Monsin, le parc Astrid, le pavillon de 1939…), l'aménagement d'un quartier durable et bien sûr, les exigences du BIE. Le plan et le programme ont été développés en étroite collaboration avec les forces vives de Liège et de Herstal. En plus des espaces d'habitat et de commerce, nous avons essayé d'ajouter à cet éco-quartier des fonctions supplémentaires qui tireraient parti de la forme des pavillons et pourraient être utilisées par les habitants des alentours. Ce qui améliorerait l'intégration de ce nouveau quartier

au tissu urbain déjà existant. Des constructions requises par le BIE pourraient ainsi être transformées en une école, un grand magasin, une salle de sports, une bibliothèque… D'autres infrastructures, prévues lors de l'Expo comme les restaurants et les bars le long de l'eau, pourraient être conservées en l'état.

Quelle est la place de la Meuse dans ce programme ?

Liège est Herstal ont, en de nombreux endroits, perdu leur rapport au fleuve. Il y a peu d'espaces verts à la disposition des habitants le long de l'eau, les transports doux ne sont pas toujours facilités, etc. L'organisation de l'Expo ne doit pas être une fin en soi, elle doit marquer le début d'une transformation durable du site et de la ville (…) Coronmeuse peut devenir un nouveau pôle d'attraction, avec son hôtel, ses restaurants, ses connexions au fleuve…