Le grand mal-être du verre

LUC SCHARES

mercredi 18 avril 2012, 09:22

Economie. Arrêt de travail chez AGC, bras de fer chez Techniver.

Le grand mal-être du verre

Selon les syndicats, malgré une conjoncture défavorable, le secteur verrier n’est pas encore bon pour la casse… © ASAP

Quand le verre prend froid, c'est toute la Basse-Sambre qui s'enrhume. Le secteur verrier est décidément en berne ces derniers temps, et c'est loin d'être terminé. Pour preuve, ce mardi encore, un arrêt de travail a marqué le site de Moustier (Jemeppe-sur-Sambre) d'AGC, ex-Glaverbel. Alors que chez Techniver à Mornimont (lire par ailleurs), où là aussi on en est à la première phase de la procédure Renault, les nouvelles apprises lors du dernier conseil d'entreprise de ce lundi ne présagent rien de réjouissant…

Chez AGC, rappelons que le four de la ligne 3 est éteint depuis le 20 mars. Coût social : 173 emplois en moins. Dans ce lot, les 50 intérimaires sont déjà partis. Restent 90 ouvriers et 33 employés dont les modalités de départ sont actuellement négociées. « Nous avons eu de nombreuses réunions ces derniers jours, notamment lundi soir, où la direction nous a présenté le nouvel organigramme qu'elle imagine après les licenciements, explique Albert Boutet, délégué Setca. Sincèrement, nous ne comprenons pas. À croire qu'on l'a conçu sans rien savoir de l'entreprise. Je travaille ici depuis 35 ans. J'ai déjà connu des restructurations lourdes, mais chaque fois, à la sortie, l'entreprise restait viable. Cette fois, le site est vraiment mis en péril. » Les syndicats s'inquiètent surtout de voir qu'on touche à des postes de sécurité comme les infirmières ou les électriciens chargés de la maintenance. La direction aurait dit qu'elle préférait réparer du matériel qui casse, ce qui serait moins coûteux que payer du personnel pour son entretien.

C'est pour cela qu'une centaine de personnes ont fait le pied de grue devant les portes à l'ouverture, jusqu'à 10 heures du matin. L'après-midi, les ouvriers ont tenu une assemblée générale, mais pas les employés. D'autres mouvements ne sont pas à attendre, en tout cas pas tout de suite. Les organisations syndicales se reverront entre elles jeudi, pour faire le point. Il y a du boulot : elles doivent décortiquer le fonctionnement de cinq services qui occupent près de 700 personnes. Une rencontre avec la direction est annoncée mardi prochain. Là, des questions sur l'organigramme controversé seront posées.

Un autre phénomène viendra jouer les éléments perturbateurs dans les prochaines semaines. Ce sont les élections sociales, durant lesquelles les syndicats se sont promis de suspendre les discussions. Par contre, ils profiteront de cette période pour interroger tout le personnel sur l'organigramme.