Des terrasses toute l’année

GAETAN ISTAT

samedi 21 avril 2012, 17:02

Des terrasses toute l’année

Dinant serait la seule ville touristique à ne pas pouvoir offrir de terrasses en dur toute l’année à ses visiteurs © Alain Dewez

Le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux souhaite autoriser les terrasses en dur toute l’année dans la cité mosane. Les commerçants concernés se réjouissent ; certains avaient déjà demandé ce type d’aménagement dans le passé.

Tous les mois environ, le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux sort de son chapeau un nouveau projet. Utile, surtout en période électorale. Cette fois, c’est le secteur horeca qui est visé par la nouvelle idée du mayeur. L’homme au nœud papillon propose d’autoriser les terrasses en dur toute l’année. L’initiative suscite l’intérêt de plusieurs tenanciers.

Les patrons de l’horeca pour

Grigory Yegoroy tient la « Taverne de La Meuse », en face du fleuve, avenue Winston Churchill. Il a disposé deux tables sur le trottoir à côté des places de parking. En saison, il dispose tables et chaises sur une terrasse entre l’axe routier et la Meuse. Une situation qui l’enchante moyennement. « Je paye 1.400 euros par an pour ma grande terrasse, et 90 euros sur la même période pour mes deux tables sur le trottoir, précise-t-il. Traverser la route pour rejoindre la terrasse principale, c’est très dangereux. J’ai déjà effectué la demande pour une installation d’environ deux mètres sur cinq sur le trottoir, où je pourrais mettre huit tables, mais cela m’a été refusé. »

La brasserie est située à un coin de rue. Avec quelques aménagements, il y a sans doute moyen de mettre une jolie petite installation en dur. « Si on me donne l’autorisation, je fabrique la terrasse en une semaine. Ce serait super-bien pour moi. Je pourrais peut-être engager quelqu’un en plus. »

Quelques centaines de mètres plus loin sur la place Albert 1er, Pascal Olivier tient l’établissement « Côté Meuse ». « Moi, je suis absolument pour une terrasse en dur toute l’année, pas de souci

, affirme-t-il. J’en avais même une voici quelques années, mais on me l’a fait démonter pour aménager le parking. C’était une installation avec des panneaux et un plancher en bois. Je ne la démontais pas, ces éléments-là restaient toute l’année. J’enlevais simplement les sièges quand ce n’était pas la saison. »

Avoir sa terrasse toute l’année, c’est bien, mais difficile d’en estimer les bénéfices. « Il peut y en avoir à n’importe quelle période de l’année, ça dépend du bon temps. S’il y a du soleil, il y a du passage, même en janvier et février. Dinant est une ville de passage, car il n’y a pas assez de logements ou d’hôtels. Ici, c’est la seule ville touristique où on interdit les terrasses à l’année. C’est bien simple, je ne vais même plus aux réunions des commerçants à l’hôtel de ville. Ça ne sert à rien. »

La concrétisation de l’idée de Richard Fournaux ferait peut-être faire évoluer l’opinion de Pascal Olivier.