Lycée, athénée, mariage forcé ?

LUC SCHARES

samedi 21 avril 2012, 17:02

La fusion voulue par la ministre Simonet (CDH) entre l’athénée royal François Bovesse et le lycée de Namur se fait-elle au pas de charge et avec des intentions cachées ? Au lycée, en tout cas, certains sont remontés. Car, au vu de la fréquentation, aucun de ces deux établissements n’est actuellement menacé. Et les avis divergent au sein du personnel (administratif, technique, enseignant), sur une éventuelle plus-value. Au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Stéphane Hazée (Ecolo) et Willy Borsus (MR) ont interrogé Marie-Dominique Simonet. Ils restent sérieusement sur leur faim face aux réponses données.

L’athénée organise des cours généraux pour les quatre dernières années secondaires. Le lycée assure les deux premières années, et s’adosse à une école maternelle et primaire. Malgré leur proximité géographique et leur appartenance au même réseau, ces écoles ne sont peut-être pas si complémentaires : 60 % des élèves du lycée poursuivent à l’athénée. Pour certains profs, la filiation est naturelle. Pour d’autres, sans tomber dans la caricature, l’élitisme de l’athénée est en décalage avec une partie des élèves du lycée, qui se tournent ensuite vers l’enseignement technique ou professionnel. On parle d’une fusion depuis des décennies. En fait, l’expérience a été tentée voici une bonne vingtaine d’années. Elle n’a pas duré, la population scolaire a chuté.

En décembre dernier, la fusion prenait un très sérieux coup d’accélérateur : un comité de concertation de base dans chacun des établissements, une réunion commune et la volonté de rendre le mariage effectif en septembre. Les arguments de Simonet ? « Un nombre d’élèves en baisse de 21,5 % depuis 2000 », « le lycée de Namur est, avec Saint-Ghislain, le dernier à exister sous cette forme (NDLR : les deux premières années) », « il faut réfléchir à des solutions assurant l’avenir ». Mais pourquoi un calendrier si serré ? Sur l’emploi : un économe et un éducateur passent à la trappe. À moyen terme, ce pourrait être davantage. Reste le poste de directeur. Si la fusion passe en septembre, la préfète l’occupera. Si c’est reporté à 2013, ce sera par contre le directeur du lycée. Un sujet politisé ?