Un musée à croquer 75 fois

JEAN-LUC BODEUX

mardi 17 juillet 2012, 09:18

Virton. Une fabuleuse madone pour l'anniversaire du musée gaumais. Et si l'été était aussi une occasion de (re)découvrir ses belles collections, permanentes ou temporaires.

Un musée à croquer 75 fois

Le conservateur Didier Culot heureux de voir la « double madone » de Sainte-Marie-sur-Semois de retour en Gaume Un objet exceptionnel © DR

Avec ce soleil si peu présent, c'est le moment de plonger dans nos musées qui vivent aussi un bel été. Notamment le musée gaumais qui est né dans la tête d'Edmond Fouss le 28 novembre 1936. C'est du moins ce qu'il annonce dans un courrier à son ami Charles Gaspar, pour mettre en valeur le folklore gaumet, première écriture de « gaumais ». Et c'est un de ses autres amis, Julien Lorrain, qui lui fournit les premiers objets, assez rudimentaires mais symboliques dans la cuisine traditionnelle : une « âme damnée », chenet du milieu, et une « main de fer », poignée destinée à retirer la marmite de la crémaillère.

Dans les mois qui suivent, ce professeur entame une campagne de récolte d'objets, de documents, de témoignages et en mars 1937, il reconstitue, lors de la foire commerciale de Virton, une ancienne cuisine gaumaise. C'était il y a 75 ans.

Deux ans plus tard, le musée ouvre ses portes dans l'ancien collège des Récollets, où il est toujours. La suite, ce sera des dons, dépôts, achats. Mais aussi extension et décentralisation puisque le musée gaumais a des antennes satellites à Huombois – un musée du potier en pleine nature, aujourd'hui inaccessible. Également, le fameux musée de Montauban-Buzenol, où furent mises au jour les pierres sculptées de la moissonneuse des Trévires, celui de Montquintin, dans une ferme historique, le musée de Latour et celui de St-Mard, aménagé dans une ferme où fut découvert un grand hypocauste aujourd'hui détruit. Parmi les grandes déceptions, on citera aussi la disparition du moulin de Rabais et, plus lointaine, de Chenois.

Alors, ce jubilaire est l'occasion de rappeler cette histoire, pour découvrir les collections permanentes du musée, multiformes, de l'archéologie aux beaux-arts et aux coutumes et croyances. Superbe. Alors, Didier Culot et son équipe proposent, outre des micro-expositions dans chaque commune gaumaise, une expo temporaire qui ravive ces 75 années riches en objets et en événements. Sans oublier une publication, le 52e numéro du « Pays gaumais » qui célèbre cet anniversaire.