JO : les transports, maillon faible de Londres

Rédaction en ligne

lundi 16 avril 2012, 14:33

Sept ans de préparatifs et un budget colossal : pour faire mentir ceux qui voient dans ses transports le talon d’Achille des JO, Londres a mis le paquet et jure que tout sera prêt, mais la crainte d’un « bug » majeur persiste.

JO : les transports, maillon faible de Londres

© AFP

C’est pour le pays le « plus grand exercice logistique en temps de paix », a résumé la BBC.

D’un côté, 10.500 athlètes, près de 9.000 officiels, 20.000 journalistes et des millions de spectateurs qui sillonneront la capitale, où 13 sites olympiques sont disséminés. De l’autre, des artères déjà congestionnées en temps normal, des transports publics saturés et un métro qui lutte contre pannes et retards après des décennies de sous-investissement.

Or le réseau devra digérer jusqu’à 3 millions de déplacements supplémentaires par jour, outre les 12 millions quotidiens.

Et l’aéroport d’Heathrow, déjà l’un des plus fréquentés au monde, pourrait avoir du mal à faire face à l’afflux de passagers, s’inquiètent des parlementaires.

« Nous avons commencé à nous préparer dès 2005 et nous sommes confiants : le réseau fera face », a assuré Mark Evers, en charge des Jeux chez TFL, gestionnaire des transports publics de la capitale.

« Certaines perturbations » « Empêcher la congestion de Londres est une tâche herculéenne » et « certaines perturbations sont inévitables », a néanmoins reconnu le Comité des transports de l’Assemblée de Londres, qui contrôle l’action du maire.

Six milliards et demi de livres (7,5 milliards d’euros) ont été dépensés ces dernières années pour moderniser l’ensemble du réseau, une somme équivalente aux deux tiers du budget par ailleurs alloué à l’organisation des JO.

Des carrefours ont été réaménagés, la gare de Stratford, porte d’accès au parc olympique, a été rénovée. De nouveaux tronçons routiers et ferrés ont été ouverts, des stations modernisées. Et il y aura des bus, des trains, des métros supplémentaires et une navette rapide -The Javelin (Le javelot)- entre le parc et le centre. Un effort douloureux pour les Londoniens, soumis chaque week-end à la fermeture partielle de lignes.

Pour parer au scénario catastrophe d’une grève, des négociations sont également en cours avec les syndicats sur les primes accordées pour l’événement.

Rares sont les entreprises qui demandent à leurs clients de se passer de leurs services, mais pour gagner cette bataille, TFL veut aussi dissuader une partie des usagers d’utiliser le réseau.

Une campagne a été lancée pour qu’ils réduisent leurs trajets, diffèrent leurs déplacements ou optent pour la marche ou le vélo.

Les entreprises ont été invitées à aménager leurs horaires, à repenser les livraisons et à favoriser le télétravail.

Taxis en colère Pour acheminer la grande « famille des jeux », 48 km de couloirs spéciaux seront réservés aux VIP, ainsi qu’une flotte de 4.000 voitures et 1.500 cars, un traitement de faveur qui fait grincer des dents.

Les taxis notamment ne décolèrent pas contre ces « Zil Lanes » (« files pour Limousine »), même si les autorités assurent que 70 % du réseau de surface ne seront pas affectés par les JO.

« Pourquoi les officiels sont-ils logés dans des 5 ou 6 étoiles du centre, loin du village olympique », tempête John Thomas, président de l’Association des taxis de Londres, qui prédit que la capitale « sera totalement bloquée ».

« Du grand n’importe quoi », rétorque le maire Boris Johnson aux pessimistes.

La société Inrix, spécialisée dans la mesure du trafic, a néanmoins pronostiqué une augmentation de 33 % des embouteillages fin juillet-début août.

« Il est vraiment très difficile de prédire comment le réseau va se comporter », a expliqué à l’AFP l’universitaire Tony Travers, spécialiste des transports : « TFL a fait beaucoup d’efforts, mais on ne verra le résultat qu’au moment des Jeux ».

(AFP)