Londres est sur le pied de guerre pour les JO

Rédaction en ligne

lundi 16 avril 2012, 13:11

Londres déploiera le dispositif de sécurité le plus impressionnant depuis l’après-guerre pour les JO, pour éviter une attaque terroriste d’un groupe ou d’un « loup solitaire ».

Londres est sur le pied de guerre pour les JO

Au lendemain du choix de Londres comme hôte des jeux, en juillet, quatre kamikazes d’origine britannique avaient pris pour cible trois rames de métro et un bus dans la capitale.

Aujourd’hui, cyber-attaques, incidents dans la foule, émeutes, attentat d’Al-Qaïda ou des républicains irlandais, ou encore graves perturbations météorologiques : les autorités ont essayé d’envisager tous les scénarios.

Plus de 40.000 militaires, policiers et agents de sécurité privés et bénévoles seront mobilisés pour protéger la capitale, avec l’appui d’un vaste réseau de renseignement.

Des avions de combat, deux bâtiments de la Marine, dont un porte-hélicoptères stationné sur la Tamise, et une batterie de missiles sol-air seront également déployés.

Le budget sécurité a été revu à la hausse en décembre, de 282 millions à 553 millions de livres (662 millions d’euros).

« On ne peut maîtriser tous les risques »

Mais l’incident survenu début avril lors de la célèbre course opposant les rameurs de Cambridge et d’Oxford est venu rappeler qu’il n’y a pas de « risque zéro » : à la stupéfaction générale, un militant a réussi à se mettre à l’eau sous le nez du service d’ordre et à interrompre la course.

« On ne peut maîtriser tous les risques », a expliqué à l’AFP Margaret Gilmore, spécialiste des questions de sécurité au Royal United Services Institute. « Mais on peut quand même faire beaucoup pour empêcher quelqu’un de lancer une attaque ou de perturber les Jeux et, en cas d’attentats par exemple, en minimiser l’impact ».

Les JO ensanglantés dans le passé

Il y a 40 ans, les JO de Munich avaient été le théâtre d’une prise d’otages meurtrière d’athlètes israéliens. En 1996, une bombe avait explosé aux jeux d’Atlanta.

Pour autant, la sécurité ne doit pas gâcher la fête londonienne. Un souci qui complique un peu plus la tache des organisateurs.

« Je suis bien décidé à ce qu’il s’agisse avant tout d’un événement sportif accompagné d’un très important dispositif de sécurité plutôt que d’une opération de sécurité accompagnée d’un événement sportif », a insisté le Premier ministre David Cameron.

Dès mai, une sécurité accrue

Le coup d’envoi des JO sera donné le 27 juillet, mais les opérations de sécurité commenceront dès le mois de mai, avec la mise en place d’une unité spéciale de Scotland Yard sur le parcours de la torche olympique.

Le réseau de transport est aussi l’objet de toutes les attentions : en février, les services de secours ont participé pendant deux jours à un vaste exercice de simulation d’une attaque dans le métro, qui a mobilisé des milliers de personnes.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec les services de sécurité pour nous assurer que nous avons les gens qu’il faut là où il faut », a souligné Mark Evers, responsable des Jeux chez TFL, gestionnaire du réseau de transport de Londres.

Reste que la menace d’un « loup solitaire » échappant aux radars des services de renseignement, comme l’islamiste Mohamed Merah, auteur d’une tuerie en France en mars, ou l’extrémiste de droite Behring Breivik, responsable d’un carnage en Norvège l’an dernier, ne peut être conjurée.

« Ce sont ces loups solitaires qui vont empêcher les forces de sécurité de dormir la nuit », a confirmé Margaret Gilmore.

Mais la menace n’est pas seulement terroriste : l’été dernier, Londres et plusieurs grandes villes du pays ont été embrasées pendant plusieurs jours par des émeutes.

Et aussi surprenant que cela puisse paraître dans la pluvieuse Angleterre, les autorités échafaudent des plans d’urgence en cas de vague de chaleur…

(AFP)