Portraits olympiques : Jill Boon
Rédaction en ligne
mardi 08 mai 2012, 10:28
Depuis sa naissance, le hockey coule dans ses veines. La Bruxelloise, buteuse des Red Panthers, vivra sa passion aux Jeux. Comme son frère.
Filip Vanzieleghem
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mardi 08 mai 2012, 10:28
Filip Vanzieleghem
Par Philippe Vande Weyer/Photo Filip Vanzieleghem.
Naissance de Jill Boon le 13 mars 1987, à Etterbeek.
Taille 1,72 m.
Poids 64 kg.
Résidence Etterbeek.
Discipline Hockey sur gazon. Club Wellington.
Sélections 113.
Passé olympique Néant.
Elle porte encore son maillot et sa jupette rouges de Panthère, comme s'il s'agissait de talismans dont elle ne voulait pas se débarrasser. Un stigmate, aussi, au genou, râpé par une chute sur le terrain synthétique du Beerschot, qu'elle entretient en le grattant. Trois jours à peine ont passé depuis le triomphe face à l'Irlande en final du tournoi qualificatif pour Londres et Jill Boon a toujours la tête à Kontich, là où, avec ses équipières, elle a écrit une vraie page d'histoire. Un jour, je pourrai raconter à mes petits-enfants que je faisais partie de la première équipe de hockey féminine belge qui s'est qualifiée pour les Jeux olympiques ! C'est surréaliste !
Elle avoue avoir voyagé plusieurs heures entre euphorie et incompréhension , mais aujourd'hui que tout devient palpable, c'est la fierté qui prédomine. Celle d'avoir mené à bien l'aventure d'une vie, la sienne, marquée au fer rouge par le hockey, ce sport d'emblée incontournable. Chez nous, on est tous nés avec un stick dans les mains !, s'amuse-t-elle. Quand j'ai appris à marcher, je m'en servais pour me relever !
Chez les Boon, il n'y a qu'Alain, le père, qui lui a fait des infidélités, en passant d'abord par le football avant de se racheter une conduite. Mais pour le reste de la famille, une smala biberonnée au penalty corner, cela a toujours été stroke jusqu'à plus soif. Car si Jill, queue de cheval en bandoulière, a gagné ses galons olympiques avec l'équipe féminine, son frère Tom en a fait de même avec les Red Lions. On peut partager, c'est magnifique ! Deux internationaux dans la droite lignée de leur mère, Karin, et de leurs grands-parents. Et de leur oncle, Marc Coudron, l'actuel président de la fédération, ancien taulier d'une génération qui n'a jamais connu la joie d'aller aux Jeux.
Il l'aurait mérité mille fois, insiste Jill. Il a toujours été d'un énorme soutien pour mon frère et moi, avec ses paroles justes, son côté humain, réfléchi. Après la qualification, j'ai senti une énorme fierté de sa part quand on s'est vu en bord de terrain. J'espère pouvoir lui rendre ce qu'il m'a apporté. Il y aura un peu de lui dans mes bagages, à Londres.
C'est dans le club de la famille , au White Star, que, pour elle, l'aventure a commencé. Dès ses 5 ans. Avec, d'abord, la période d'écolage jusqu'en scolaires, avec ces équipes mixtes où, en tant que fille on n'avait pas droit à l'erreur, il fallait en faire deux fois plus que les garçons. A 15 ans, je suis partie au Wellington, qui avait une équipe dames jeune et pleine d'ambition. On n'a fait que monter. Jusqu'à devenir championnes de Belgique.
En septembre 2005, elle s'exile deux saisons à Taburiente, aux Canaries. L'attrait de la compétition espagnole, plus relevée, et l'envie d'apprendre une nouvelle langue sont décisifs dans son choix. Elle en revient transformée. Partir m'a permis de me rendre compte de ce qu'il fallait faire pour être compétitive au plus haut niveau. On avait quatre entraînements par semaine, on faisait du fitness, on était régulièrement pesées ; jamais je n'avais connu ça auparavant.
Ses galons d'internationale, Jill Boon les gagne à partir de 2008 et de la qualification loupée pour Pékin par les Red Panthers, lors du tournoi de Kazan. C'est le début de la grande aventure avec les prémices d'un gros travail physique qui s'intensifiera encore en 2011, à l'arrivée de Pascal Kina à la tête de l'équipe nationale. Du lourd et du solide qu'elle double d'entraînements spécifiques devant le but avec le coach-adjoint John Goldberg. Jusque- là, je marquais beaucoup à l'entraînement mais peu en match . Lors du tournoi de Kontich, elle a fini meilleure buteuse de l'équipe avec 6 goals, dont un, importantissime, inscrit contre l'Espagne. Avec les passes que j'ai reçues, c'était facile !
Décidée, elle l'est aussi à côté du terrain. A l'ULB, elle est en train de boucler son baccalauréat en langues et littérature moderne, version néerlandais-espagnol. Deux idiomes aux reflets d'évidence, après ses études primaires et secondaires effectuées dans la langue de Vondel à Etterbeek - Cela a facilité beaucoup de choses - et son séjour aux Canaries, qui devraient la diriger vers le métier de prof.
J'aime beaucoup la littérature flamande de l'après-guerre, avoue-t-elle. J'ai un faible pour Louis-Paul Boon. Malheureusement, nous ne provenons pas de la même famille
Ses examens de juin, elle devra sans doute les reporter de quelques mois, mais ce sera pour la bonne cause. Celle des Jeux, dont elle a humé les premiers effluves lors du stage de Lanzarote organisé par le Comité olympique et interfédéral belge en novembre 2010. Face à tous ces champions belges, j'avais l'impression d'être comme une enfant dans un magasin de jouets ! Et celle du hockey, cette passion que Jill Boon essaie de transmettre, en coachant une équipe de scolaires garçons dans son club. Parce que j'estime qu'il est important de s'investir. Et que je veux apporter ma pierre à l'édifice.