Londres a sa Tour Eiffel grâce à Arcelor Mittal

PATRICIA LABAR

samedi 19 mai 2012, 22:12

La ville de Londres s’est offert une tour qui sera le symbole des Jeux Olympiques. Une construction étonnante qui suscite la polémique.

La tour Orbit pourra accueillir environ 700 visiteurs par heure. D’une hauteur de 115 mètres, cette « grue » géante rouge et grise porte le nom d’« ArcelorMittal Orbit ».

Erigée à l’occasion des JO de Londres, elle prend place dans le quartier de Stratford, à l’est de la ville, dans la zone qui accueille le parc olympique. Elle s’élève entre le stade et la piscine. C’est l’artiste britannique d’origine indienne, Anish Kapoor, qui a imaginé la tour.

Un restaurant et une plate-forme panoramique

Cette sculpture urbaine accueillera ses visiteurs dans un restaurant et ceux-ci pourront également profiter de la vue, juchés sur la plate-forme panoramique. 1 400 tonnes de tube d’acier sont assemblées pour donner vie à cette étonnante construction en torsion.

Une tour très critiquée

Déjà qualifiée de « trombone mutant » ou de « narghilé géant », la tour vient d’être gratifiée de nouveaux quolibets, à l’instar de celui de « gigantesque gribouillis » par un journaliste du Times ou de « contorsion mutante. »

Confiant, son créateur, Anish Kapoor, a déclaré au Guardian s’être inspiré de la tour Eiffel pour la conception de sa tour Orbit.

« Je viens de lire toutes les critiques qu’avait reçues la tour Eiffel lors de son ouverture au public », mais si à l’époque « elle a été taxée d’objet le plus atrocement laid, on n’y pense plus à l’heure actuelle ! »

Le quotidien The Telegraph partage cet avis, estimant que les Londoniens l’apprécieront bien après la cérémonie de clôture des J.O., le journal tablant sur une parfaite intégration dans le patrimoine culturel de la ville.

Un coût de 21 millions d’euros

Mais ce qui choque surtout c’est le coût du monument. Il a coûté 21 millions d’euros, financés à hauteur de 18 millions par le groupe ArcelorMittal et ses 3 millions restants par la mairie de Londres.

Une nouvelle qui devrait faire plaisir aux travailleurs liégeois de la phase à chaud, licenciés par le métallurgiste indien ainsi qu’aux employés de Florange qui craignent toujours pour leurs emplois ou encore aux 1.500 mineurs et sidérurgistes employés par le groupe ArcelorMittal qui ont manifesté au Kazakhstan pour réclamer une hausse de leurs salaires.