JO : polémique après le feu vert pour la judokate voilée

Rédaction en ligne

mardi 31 juillet 2012, 15:43

La fédération internationale de judo (IJF) a trouvé une « solution » afin que la judokate saoudienne Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani puisse monter sur le tatami la tête couverte vendredi.

JO : polémique après le feu vert pour la judokate voilée

AFP

L'IJF a trouvé « une solution pour que les engagements du CIO d'accepter les comités nationaux olympiques dans le respect de leur culture soient respectés », a indiqué Jean-Luc Rougé, secrétaire général de l'IJF à l'AFP.

« La solution adoptée garantit un bon équilibre entre la sécurité et les considérations culturelles », poursuit le communiqué de la fédération.

« La Fédération (internationale) de judo va l'autoriser à couvrir sa tête de quelque chose qui ne compromettra pas sa sécurité et qu'ils utilisent dans les compétitions en Asie », avait-elle ajouté.

Le père de la judokate avait menacé lundi de retirer sa fille du tournoi olympique féminin des +78 kg si elle n'était pas autorisée à porter le voile durant son combat.

Le judo est l'un des rares sports à exiger de ses combattants d'être tête nue pour des raisons de sécurité. Et c'est justement dans celui-là quel le CIO et l'Arabie Saoudite ont négocié la présence de femmes.

Ce n'est pas un bon signe

Marie-Claire Restoux, championne olympique de judo en 1996, a estimé que la décision du Comité international olympique d'autoriser une judokate saoudienne à combattre la tête couverte à Londres n'était « pas un bon signe à envoyer ».

« On peut comprendre que pour une femme saoudienne, concourir dans une compétition olympique, c'est une vraie avancée. En même temps, ça ouvre une brèche qui à mon avis en terme de symbole n'est pas forcément un bon signe à envoyer », a déclaré sur France-Inter Marie-Claire Restoux.

« Qui plus est, porter le voile en compétition de judo, pour avoir combattu à l'entraînement avec des filles qui portaient le voile, je peux vous dire que c'est compliqué. Le voile est autour du cou, donc il y a des risques d'étranglement qui ne sont pas exclus », a-t-elle dit.

« C'est à la fois dangereux physiquement pour la personne qui porte le voile, et en terme de symbole, ça veut dire qu'on n'applique pas les mêmes règles et le même uniforme pour tous », a-t-elle ajouté.

D'après l'AFP.