Lionel Cox, deuxième médaillé belge aux JO : « Si je l'ai fait, tout le monde peut le faire »

VINCENT JOSEPHY

vendredi 03 août 2012, 17:30

Et de Deux pour la Belgique ! Après la médaille de bronze de Charline Van Snick en judo, Lionel Cox a décroché l'argent en tir à la carabine couché à 50 mètres.

La Belgique tient sa deuxième médaille des Jeux londoniens. Et, honnêtement, elle est venue d'où on l'attendait le moins, en tir à la carabine couché à 50 mètres.

Lionel Cox a décroché la médaille d'argent en finale de l'épreuve de tir à la carabine couché à 50m aux jeux Olympiques. Il s'agit de la première médaille belge en tir depuis le bronze décroché par Frans Peeters aux Jeux de Séoul en 1988.

L'or est revenu au Bélarusse Sergei Martynov, qui a totalisé 705.5 points, un nouveau record du monde, alors que Cox a collecté 701.2 points. Le Slovène Rajmond Debevec a obtenu le bronze avec 701.0 points.

Ce vendredi matin, Lionel Cox s'était déjà mis en évidence en terminant deuxième des séries du tir à la carabine à 50 mètres, en position couchée. Maîtrisant ses nerfs avec brio, le tireur liégeois a frôlé la perfection, rendant une carte de 599 sur 600. Seul le Biélorusse Sergeï Marynov a fait mieux en réussissant le score parfait (600) sur ses 60 tirs. Forcément, Cox, qui devance de trois points le Serbe Rajmond Debevec, s'est qualifié avec brio pour la finale.

L'interview exclusive de Lionel Cox aux JO

"On fait ce pour quoi on est doué", explique Lionel Cox lors d'une interview à la presse. "Je pense que cette médaille va donner de l'espoir à beaucoup de jeunes. Si je l'ai fait tout le monde peut le faire. Les Jeux olympiques, c'est le plus grand podium pour moi. C'est incroyable, quatre ans après avoir commencé je suis médaillé aux JO. Je pense que c'est un parcours atypique." "Je suis le symbole de l'olympisme. Car je suis l'amateur qui a un travail à côté, c'est peut-être ça les vrais JO."

Lionel Cox est un amateur

Auteur de séries quasiment parfaites (599 sur 600), le tireur liégeois Lionel Cox a certes légèrement fléchi lors de la finale réunissant les huit meilleurs tireurs de ces séries mais il a réussi à préserver quelques dixièmes d'avance sur le Slovène Rajmond Debevec, loin derrière le vainqueur biélorusse, Sergeï Marynov, qui en a profité pour battre le record du monde au passage. A 31 ans, Cox réalise ainsi son rêve avec brio, lui qui n'est que 17e mondial, pur amateur dans un milieu professionnel.

Qui est Lionel Cox ?

Résidant à Ougrée et affilié au club de Amay Thiers, Cox ne doit pourtant sa sélection aux Jeux qu'à la délibération du COIB. Comme Steve Darcis, par exemple. Et, visiblement, il a fait honneur à cette confiance placée en lui par le comité belge, qui a tenu compte de sa progression constante depuis plus d'un an. Comme il l'expliquait récemment à notre envoyé spécial à Londres, Philippe Vande Weyer, Lionel Cox, 31 ans, a découvert cette discipline quand il avait 15 ans, d'abord en s'exerçant sur des tirs à 300 mètres avant d'être redirigé vers le 50 m couché sur les conseils de sa Fédération et de l'Adeps. Aujourd'hui 17e au ranking mondial, amateur pur et dur dans un milieu de professionnels, Lionel Cox a déjà réussi ses Jeux. Avant ceux-ci, ils avaient expliqué que son record personnel était de 595 sur 600. Il a nettement fait mieux à Londres.

Des collègues heureux

Lionel Cox travaille à l'Inspection de l'Emploi, en Région de Bruxelles-Capitale. Ses collègues ont tous quitté leur bureau ce vendredi pour s'installer dans l'appartement de l'un d'eux devant la télévision. « C'est fantastique, nous sommes tous extrêmement fiers de notre collègue, surtout que c'est un véritable amateur, je peux vous l'assurer », sourit Gerit De Craem, chef du service dans lequel travaille Lionel. « Nous allons fêter ça comme il se doit ! »

Jérémie Lempereur (St.)