Ce n'est plus le badminton, c'est le « badmintan » !

Philippe VandeWeyer

dimanche 03 juin 2012, 16:25

Après les Borlée en athlétisme et les Boon en hockey, on sait depuis ce week-end qu'une troisième fratrie sera, en partie, recomposée dans l'équipe belge à Londres puisque Lianne Tan a rejoint son grand frère Yuhan au sein de la cellule badminton.

Ce n'est plus le badminton, c'est le « badmintan » !

On ne pourra peut-être pas jouer au jeu des sept familles, cet été, dans la partie belge du village olympique, mais ce ne sera pas faute d'avoir essayé ! Après les Borlée en athlétisme, avec Kevin, Jonathan et, dans les blocs de départ, Olivia, et les Boon en hockey, avec Tom chez les hommes et Jill chez les femmes, on sait depuis ce week-end qu'une troisième fratrie sera, en partie, recomposée dans l'équipe belge à Londres puisque Lianne Tan a rejoint son grand frère Yuhan au sein de la cellule badminton.

C'est en Indonésie, le pays dont est originaire son père et où elle est actuellement en stage de préparation jusqu'au 14 juillet, que la petite (1,57 m) Limbourgeoise a apprit la nouvelle, dans la nuit de vendredi à samedi. « Il devait être 1 heure du matin !, dit-elle. Cela faisait un mois que j'attendais ce moment. J'ai immédiatement téléphoné à mon frère, qui est, lui aussi, en stage à Djakarta – mais à un autre endroit – pour le prévenir. Nous sommes tous les deux ravis ! »

Qualifiée pour sa fédération internationale – elle était 55e au ranking mondial et 30e sur la liste « nettoyée » au moment du « cut » pour les JO – Lianne n'avait pas tout à fait rempli les critères du COIB mais la commission de sélection a tenu compte de son jeune âge (21 ans), de sa progression ces derniers mois et de son potentiel en vue de la prochaine olympiade et l'a « délibérée », faisant d'elle la première sélectionnée belge féminine dans cette discipline qui est entrée au programme olympique en 1992.

« Je rêvais des Jeux depuis très longtemps et devenir la première joueuse belge de badminton à pouvoir y participer est fantastique et rend cette sélection encore plus particulière ! Je suis consciente que le badminton n'est pas aussi populaire que d'autres disciplines mais j'espère que le fait d'aller aux Jeux avec mon frère permettra qu'on en parle un peu plus. »

Entre Lianne et Yuhan Tan, la complicité est totale malgré leurs trois ans d'écart. Comme ils s'entraînent régulièrement ensemble et qu'ils prennent souvent part aux mêmes tournois, ils ont vécu très intensément leur qualification olympique… et celle de l'autre. « Si un seul de nous deux avait été aux Jeux, cela aurait été très décevant », reconnaît-elle. Lianne admet avoir beaucoup d'admiration pour Yuhan. « Il a plus d'expérience et me donne souvent de bons conseils ». Yuhan, de son côté, n'hésite pas à avouer que Lianne a sans doute plus de talent que lui. « Je ne pense pas !, réplique-t-elle. De toute façon, c'est très difficile de comparer ».

Tous les deux nés et élevés à Bilzen avec leur sœur aînée Annelie, qui a abandonné le « bad » depuis qu'elle est ophtalmologue, Yuhan et Lianne Tan n'ont pas suivi la même filière sportive. Alors que Yuhan est affilié côté flamand, au Drive 83 Lanaken, Lianne, elle, a fait toutes ses classes côté francophone, au Grâce BC, à Grâce-Hollogne. « Le club n'était pas très éloigné de la maison et avait un bon entraîneur de jeunes, Daniel Gosset, et beaucoup de membres de mon âge quand j'ai commencé à 8 ans. Comme j'ai vite été reprise dans la sélection de la Ligue francophone, je suis restée. »

Si elle a des ambitions raisonnables pour Londres – « J'espère sortir de ma poule mais surtout de prendre du plaisir en jouant mon meilleur badminton » – Lianne Tan a aussi déjà le regard tourné vers les Jeux suivants, à Rio. « Etre aux JO cette année va me permettre de gagner en expérience en vue des Jeux 2016 où j'irai pour forcer un résultat. »

En attendant, elle aura entamé, à Nimègue, des études de dentiste pour suivre la voie de son père au contraire de Yuhan qui, lui, est parti pour être médecin, comme sa mère – même s'il a interrompu ses études après deux ans jusqu'en septembre pour se préparer dans les meilleures conditions. Chez les Tan, il n'y a pas que la science du badminton que l'on maîtrise…