Nicolas Colsaerts : « Un peu déçu quand même »

THIERRY WILMOTTE

lundi 18 juin 2012, 07:47

Nicolas Colsaerts a terminé à la 27e place à l’US Open de golf, une magnifique performance sur un tournoi du Grand Chelem.

Nicolas Colsaerts : « Un peu déçu quand même »

Nicolas Colsaerts © AFP

L’Américain Webb Simpson a remporté dans la nuit de dimanche à lundi la 112e édition de l’US Open de golf, dimanche à San Francisco (Californie). Au moment de s’élancer pour la quatrième et dernière fois à l’assaut du redoutable parcours de « The Olympic », Nicolas Colsaerts (29 ans) occupait la 4e place, à 3 coups seulement des deux leaders, l’Américain Jim Furyk, et le Nord-Irlandais Graeme McDowell.

Las, en commençant son tour par quatre bogeys, et en commettant encore quatre autres seulement compensés par deux birdies, le Bruxellois rentra sa plus mauvaise carte du tournoi (76, pour 72-69-71 lors des trois premiers tours), et « dégringola » à la 27e place finale, à 7 coups du vainqueur, l’Américain Webb Simpson (26 ans)… avec qui il avait précisément disputé ce dernier tour. « Je ne peux pas être déçu, même si j’ai évidemment une petite pointe au fond de la gorge », nous a confié ce matin Nicolas Colsaerts, alors que la nuit tombait doucement sur San Francisco.

Bonjour Nicolas, vous attendiez-vous à réaliser un tel tournoi en arrivant à San Francisco ?

Pas vraiment, car il faut toujours une première semaine pour se rendre compte qu’on a de quoi rivaliser avec les bons. J’avais vécu une mauvaise expérience l’an dernier, et je m’étais dit que ça ne pouvait aller que mieux. C’est vrai qu’après trois tours, on était quand même dans une position un peu inattendue, et là c’est vrai que c’est sympa de jouer les avant-postes et de constater qu’on a de quoi rivaliser avec les meilleurs.

Racontez-nous en quelques mots ce dernier tour ? Le fait d’avoir démarré par quatre bogeys trahit-il une certaine nervosité ?

Pas du tout, j’étais beaucoup moins nerveux que samedi, mais j’ai démarré un peu bof et puis chaque fois que je me remettais en selle par un beau coup, je refaisais une bêtise derrière, si bien que j’ai perdu le fil… Ce type de parcours est tellement exigeant que si tout n’est pas en place, vous le payez instantanément.

Le brouillard vous a-t-il gêné également ?

Un petit peu. Le brouillard et le vent. C’est vrai que samedi avait été baigné d’un beau soleil et qu’il n’y avait pas un poil de vent. Ici c’était très différent avec ce brouillard et surtout ce vent ainsi que des températures en nette diminution. C’est comme si on s’était attaqué à un parcours complètement différent.

Faire le parcours avec le futur vainqueur – Webb Simpson en l’occurrence – a-t-il un effet entraînant ou, au contraire, vous met un coup sur la tête chaque fois qu’il réussit les bons coups qu’il a réussis ces deux derniers jours ?

Cela n’a pas d’influence car le parcours est tellement dur qu’on n’a pas trop le temps de regarder autour de soi. Sur la fin, vu la manière dont il jouait, je lui ai plusieurs fois proposé de jouer avant lui ; ce sont des trucs qui se font, mais cela n’a pas eu d’influence sur mon jeu. Webb a fait un parcours magnifique d’un bout à l’autre, en clôturant notamment le 18 par un chip fantastique du bord du green.

On vous sent un peu déçu de cette dernière journée, mais vous ne pouvez de toute façon pas être déçu de votre tournoi ?

Bien sûr, car c’est la première fois que je joue si bien sur un tournoi de cette envergure. Je retire beaucoup de ces trois premières journées. Mais j’ai quand même une petite pointe au fond de la gorge car si je n’ai pas l’impression d’être passé à côté de la montre en or, j’ai au moins celle d’avoir raté quelques occasions de ramener un score un peu plus valable aujourd’hui. Mais c’est comme ça. Il n’y a pas à épiloguer à ce sujet.

Vous avez sans aucun doute franchi un palier au niveau de votre jeu, mais est-ce également le cas dans la perception qu’a le monde du golf à votre égard ?

Il faut reconnaître que quand un Européen débarque aux Etats-Unis, cela met un peu de temps à se mettre en route. Mais ma prestation au Memorial il y a deux semaines (NDLR : 25e), et ce qui s’est passé cette semaine m’a permis de me faire remarquer. C’est vrai que jouer comme on a joué pendant trois jours, et même me retrouver un moment en tête de l’US Open, m’a permis d’emmagasiner un maximum d’infos, d’expérience, et puis ça ouvre l’appétit.

Le circuit américain vous attire encore plus que jamais dès lors ?

C’est vrai, car tout est multiplié par rapport à ce qui se passe en Europe. L’organisation des tournois, les parcours, la qualité des joueurs, etc. C’est comme demander à un joueur de tennis s’il préfère jouer les tournois Challengers ou le circuit ATP.

Qu’allez-vous retenir en définitive de cette quinzaine américaine ?

Qu’on a clairement ce qu’il faut pour jouer avec les meilleurs, voire les battre. Et puis la bonne nouvelle est qu’on se sent de plus en plus à l’aise ici, et au sein de ce haut niveau. On a ce qu’il faut pour jouer avec eux !

Et maintenant (dimanche soir à San Francisco), la fête ?

Non, rien de spécial. On n’est pas surexcités. On va aller manger gentiment avec Mich (Vanmeerbeek, le coach) et Vince (Borremans, le manager), et puis back to Brussels !