GP de Montréal : Gilbert revient trop tard
STEPHANE THIRION
dimanche 11 septembre 2011, 23:43
Vainqueur vendredi du GP de Québec, Philippe Gilbert n’a pu ponctuer son week-end canadien par un doublé. Le champion de Belgique s’est classé 3e du GP de Montréal dimanche, derrière le Portugais Rui Costa et le Français Pierrick Fedrigo.
Crédit James Startt
Philippe Gilbert, numéro un du circuit mondial (WorldTour), a sprinté pour la troisième place du GP de Montréal gagné dimanche par le Portugais Rui Costa devant le Français Pierrick Fédrigo.
Sur les avenues ensoleillées de la métropole québécoise, envahies par un joyeux public, Gilbert a tenté de secouer le peloton dans l’avant-dernier tour, sans parvenir à faire la décision. « Le vent était défavorable dans la côte principale, c’était impossible de faire la différence », a expliqué ensuite le champion de Belgique.
Victime d’une chute en début de course, Gilbert a attendu ensuite le sprint qu’il a lancé de très loin, aux 500 mètres. Mais les membres du trio échappé à 7 kilomètres de l’arrivée avaient creusé un écart suffisant pour se disputer la victoire, au moins pour Costa et Fédrigo qui se sont assurées les deux premières places, leur compagnon autrichien Stefan Denifl terminant cinquième.
L’exigeant parcours tracé sur les pentes du Mont Royal a donc couronné un jeune coureur de 24 ans, déjà comblé par son succès à Super-Besse dans l’une des étapes auvergnates du Tour de France en juillet dernier. Le Portugais de l’équipe Movistar a signé sa 11e victoire, sa 3e de la saison.
Onzième du GP de Québec vendredi dernier, Costa a disposé nettement de Fédrigo, qui a avoué ensuite avoir souffert de crampes dans le final. Car le puncheur français, absent du dernier Tour, n’a pas encore tout à fait retrouvé son meilleur niveau.
La frayeur de Gilbert
L’ex-champion de France a dû attendre de longs mois pour que soit diagnostiquée une maladie bactérienne (Lyme) provoquée par une piqûre de tique. « J’essaye de retrouver la forme et terminer la saison sur une bonne note pour repartir en 2012 sur un bon pied », a déclaré Fédrigo, loin de songer au prochain Championnat du monde de Copenhague le 25 septembre.
Gilbert, en revanche, a évoqué le rendez-vous mondial dont il sera l’un des favoris bien que le parcours soit censé avantager les purs sprinteurs. « J’ai eu peur que tout soit fini au moment de ma chute, a-t-il reconnu. J’ai eu le même sentiment que l’an passé, quand je suis tombé à la Vuelta alors que j’avais le maillot de leader. Plus de peur que de mal heureusement… » Les autres grands noms du peloton des 173 coureurs présents pour ce second volet nord-américain du WorldTour se sont montrés. Tant l’Espagnol Samuel Sanchez, champion olympique en titre, que le Néerlandais Robert Gesink, vainqueur de la première édition l’année passée.
Mais Gesink, dont l’équipe a assumé l’essentiel des responsabilités pendant la course, n’a pu creuser l’écart. A défaut d’être décisif, son forcing dans la côte Camilien Houde, la partie la plus raide du circuit (1,8 km à 8 % de pente), a provoqué le ravissement du public dont l’enthousiasme a été salué par Gilbert après la course.
« J’ai remercié publiquement le public, a souligné le Wallon. Je vois que le cyclisme n’est pas aimé seulement en Europe mais partout dans le monde et c’est très positif pour notre sport. »
(belga)