Dauphiné : Wiggins gagne en « patron »

Rédaction en ligne

lundi 11 juin 2012, 08:24

A la tête d’une surpuissante équipe Sky, Bradley Wiggins a étouffé ses concurrents du prochain Tour de France lors du Critérium du Dauphiné qui s’est achevé dimanche par une deuxième victoire du Britannique de 32 ans.

Dauphiné : Wiggins gagne en « patron »

Bradley Wiggins © AP

La septième et dernière étape du Daaphiné Libéré, animée par la jeune génération des coureurs français (Rolland et Coppel, Geniez) et remportée par l’Espagnol Daniel Moreno, a laissé la hiérarchie en l’état, au lendemain de la démonstration de la formation de Bradley Wiggins en montagne.

Derrière le Londonien, deux de ses coéquipiers ont pris place aux quatre premiers rangs du classement final. L’Australien Michael Rogers, de retour cette année au plus haut niveau après plusieurs saisons gâchées par la maladie, s’est classé deuxième (à 1 mn 17), le Britannique Chris Froome quatrième.

Le seul adversaire pour « Wiggo » et ses « boys » s’est appelé Cadel Evans, vainqueur du dernier Tour de France. Mais l’Australien, qui n’est pas encore au sommet de sa condition, a dû se cantonner à la troisième place (à 1 mn 26), en retrait d’un échelon par rapport à l’an passé et à ses habitudes (quatre fois deuxième du Dauphiné).

Pour autant, Evans se dit content de la semaine et estime sortir en progression de la course. Vainqueur de la première étape lundi dernier, il s’est mêlé de nouveau au sprint d’arrivée du dernier jour (3e), au bout d’une côte de 1,5 km (à 8,7 %) menant au cœur de Châtel, tout près de la frontière suisse.

« Je serai mieux au Tour de France », a promis l’Australien qui a pu constater la forme de Wiggins et la force collective de son groupe.

La facilité de Wiggins

Au long des huit jours de course, le Londonien n’a laissé percer aucun réel point faible si ce n’est une retenue en descente, afin de limiter la prise de risques.

A l’image de son équipe Sky qui a découragé l’opposition, le vainqueur du Dauphiné s’est montré omniprésent. Dans le col du Corbier, dimanche, il a lui-même, avec une facilité dérisoire, bouché le trou le séparant de quelques contre-attaquants, entre autres l’Italien Vincenzo Nibali qui allait ensuite se faire plaisir dans la descente.

Au risque d’être suspecté d’arrogance, Wiggins s’est comporté en patron du peloton du Dauphiné. Il a enlevé son huitième succès de la saison, le troisième dans une course par étapes du calendrier mondial après Paris-Nice (mars) et le Tour de Romandie (avril).

Cette affirmation de puissance, tant en montagne que dans le long (53,5 km) contre-la-montre de Bourg-en-Bresse, le place inévitablement en première ligne des favoris du Tour de France, qui commencera le 30 juin à Liège (Belgique).

« Ici, c’est le Dauphiné », a répété au fil des jours Wiggins qui a fini par reconnaître : « Je pense être dans la meilleure forme possible pour envisager de gagner le Tour. Je suis meilleur en montagne, meilleur dans le contre-la-montre. Je suis prêt à y aller. Et c’est le meilleur qui gagnera, c’est le sport. »

Dans cet univers anglophone (4 premières places), l’Espagnol Daniel Moreno s’est fait une place. En gagnant deux étapes, il a imité son chef de file « Purito » Rodriguez, qui avait fait de même l’an passé dans le Dauphiné. Mais il sera en vacances en juillet à l’inverse de plusieurs candidats au podium du Tour, remarqués (Van den Broeck 5e) ou non (Menchov 42e) durant cette semaine.

Satisfaction chez Lotto-Belisol

Herman Frison, directeur sportif de Lotto-Belisol, est heureux du déroulement du Critérium du Dauphiné . Jurgen Van den Broeck, leader de l’équipe, a terminé 5e de cette course comptant pour le WorldTour et semble prêt pour le Tour.

« J’aurais signé d’avance pour une telle conclusion. C’est une semaine positive sur toute la ligne, a déclaré Frison. Pour Jurgen, le prologue, le long contre-la-montre et les étapes de montagnes nous ont apporté ce que nous espérions au début de la course. Dans ces courses par étapes à quelques semaines du Tour, on cherche surtout des confirmations, d’autant que Jurgen n’avait plus roulé en compétition depuis Liège-Bastogne-Liège. Après deux 4e places, il a terminé 5e alors que la liste des engagés était plus forte que les années précédentes. Avec Sky, qui a confirmé d’avoir une équipe très forte, BMC avec Cadel Evans et des gars comme Nibali ou Menchov, le gros des candidats à la victoire du Tour était présent. » « Nous pouvons également être contents de la prestation de Jelle Vanendert. Jelle s’est préparé d’une autre manière que Jurgen, mais samedi il était le dernier homme à lâcher avant l’ascension de Joux-Plane. Nous avons toute notre confiance en Jelle, il sera prêt pour le départ du Tour », a ajouté Herman Frison.

Van den Broeck va maintenant partir en stage sur la Sierra Nevada, Vanendert va se préparer dans sa région avant de partir en stage dans les Ardennes.

(D’après AFP et Belga)