Victoire de Greipel : « Arriver à Paris est le prochain objectif »

STEPHANE THIRION

samedi 14 juillet 2012, 19:00

Andre Greipel L’Allemand apporte une troisième victoire d’étape à l’équipe Lotto-Belisol à l’issue d’un sprint splendide remporté de justesse devant Peter Sagan. Bradley Wiggins conserve le maillot jaune de leader.

Victoire de Greipel : « Arriver à Paris est le prochain objectif »

AFP

Quoi qu’il advienne du destin de Jurgen Van den Broeck sur les Champs Elysées, l’équipe Lotto-Belisol pourra fêter son Tour avec grande distinction. Malchanceuse à l’approche de la montagne quand l’Anversois fut heurté par l’arrière alors que cela filait vers la Planche des Belles Filles, l’équipe belge ne s’est pas désunie. Son leader non plus. Chaque jour, Van den Broeck grignote du retard, se bat, prend les responsabilités que d’autres adversaires de Bradley Wiggins refusent d’endosser, soit par dépit, soit par frustration, soit par incapacité.

Au-delà de l’envie établie du Belge de terminer sur le podium à Paris, malgré son infortune, la formation de Marc Sergeant se débrouille sur les deux tableaux. Elle a permis à son sprinter Andre Greipel de remporter sa troisième étape, samedi, au bout d’un parcours compliqué vers le Cap d’Agde où le vent s’était invité dans les platanes, offrant des éventails à ceux qui avaient trop chaud et cela s’est vu à l’arrivée sur les visages décomposés de coureurs lâchés au terme d’un parcours qualifié de plat. Plus rien n’est plat quand on approche de la troisième semaine car les jambes sont lourdes, l’esprit est las, l’envie est presque palpable de déposer le vélo au bord de la route et de s’en aller, loin, dans la pinède, écouter les cigales chanter l’été qui se refuse aux Belges. Sauf aux Lotto. Comme l’année dernière (Gilbert, Greipel, Vanendert), ils maîtrisent leur Tour, ils ont surtout un sprinter performant qui roule intelligemment. Car après avoir avalé les échappés et le dernier d’entre eux, l’irréductible Morkov, dont la candidature au titre de Super Combatif à Paris ne semble plus faire un pli, les Lotto ont allumé la première mèche dans le Mont Saint-Clair, un mur dominant le littoral du Languedoc-Roussillon où Cavendish et Goss, les adversaires les plus cités pour Greipel se fracassèrent sur les pourcentages trop abrupts pour eux. On eut ensuite un essai de Vinokourov et

d’Albasani, mais le vent de trois quarts face eut raison de leur obstination car si, au sommet du Mont Saint-Clair, Greipel n’était pas avec les meilleurs, Jurgen Van den Broeck eut la bonne idée de ne pas écraser la cadence alors qu’il était devant avec Cadel Evans, obstiné par l’idée éventuelle de gagner du temps sur Wiggins.

Peu après la descente, Greipel revint mais pas seulement lui. Ils étaient quatre équipiers pour l’emmener vers la plage, l’image contrastant avec ce qu’on avait vu plus tôt, soit l’équipe GreenEdge à la planche pour réduire, seule, l’écart sur l’échappée. A la recherche d’un succès, la formation australienne avait mis en route trop tôt mais avait-elle le choix ? Non, et Lotto ne l’a épaulée qu’au dernier moment, quand il le fallait, quand les ressources étaient encore intactes.

Il restait une menace pour Greipel : le maillot vert. L’Allemand n’a battu Sagan que d’une demi-roue dans le sprint en arc de cercle qui rappelait la piste dans les couloirs d’Agde. Un beau sprint, pur, comme celui de Tournai, sauf qu’il manquait Cavendish, désigné le matin même par « L’Equipe » comme le plus grand sprinter de tous les temps du Tour de France. Un choix curieux dès lors que l’homme est encore en activité mais bon, cela faisait partie des fantaisies d’un 14 juillet maîtrisé par un Allemand devant un Slovaque (Sagan) et un Norvégien, Boasson Hagen. Du beau monde au bout d’une étape qui a permis à Greipel d’égaliser avec Sagan (trois victoires) à qui il ne cherchera pas à contester le maillot vert. La victoire, seulement, intéresse l’Allemand qui fêtera ses 30 ans ce lundi. Avec forcément une idée derrière la tête : « Mon prochain objectif ? Arriver à Paris ».

Cette étape fut aussi l’occasion de revoir Philippe Gilbert, à l’avant avec Evans. Le Remoucastrien s’est mis à la planche pour favoriser la première bordure puis il a participé au sprint final en le concluant à la huitième place. A l’approche de la dernière semaine, sa fraîcheur pourrait l’aider à conclure, par exemple ce dimanche à Foix.