Tour : Frank Schleck nie toute forme de dopage

Rédaction en ligne

mercredi 18 juillet 2012, 11:30

Contrôlé positif le 14 juillet, le coureur Luxembourgeois a quitté le Tour mais clame son innocence et a demandé l’analyse de l’échantillon B. « S’il est positif, je porterai plainte pour empoisonnement ».

Tour : Frank Schleck nie toute forme de dopage

©afp

Le Luxembourgeois Frank Schleck a fait l’objet d’un contrôle antidopage positif au Xipamide, un diurétique, le 14 juillet, lors de la 13e étape dont l’arrivée était jugée au Cap d’Agde. L’aîné des frères Schleck, 32 ans, a été averti de son contrôle positif ce mardi et a été retiré du Tour par son équipe.

Le communiqué de l’UCI

Résultat d’analyse anormal pour Frank Schleck

L’UCI a informé aujourd’hui le coureur luxembourgeois Frank Schleck de l’existence d’un résultat d’analyse anormal (présence du diurétique Xipamide, selon le rapport en provenance du Laboratoire – accrédité par l’AMA – de Châtenay-Malabry) dans un échantillon d’urine prélevé sur lui lors d’un contrôle en compétition effectué lors du Tour de France le 14 juillet 2012.

M. Schleck a le droit de demander l’analyse de son échantillon B et d’y assister.

Le Règlement Antidopage de l’UCI ne prévoit pas la suspension provisoire vu la nature de la substance, qui est une substance spécifiée.

Néanmoins, l’UCI est confiante que son équipe entreprendra les démarches nécessaires pour garantir la sérénité du Tour de France et en même temps offrir au coureur le temps nécessaire pour préparer sa défense, notamment dans le délai réglementaire de 4 jours pour la réalisation de l’analyse de son échantillon B.

Conformément au Code Mondial Antidopage et à son Règlement Antidopage, l’UCI ne peut fournir d’autres informations à ce stade.

Dans un communiqué transmis dans la nuit de mardi à mercredi, Frank Schleck a nié toute forme de dopage et exigé l’analyse de son échantillon B. « Je conteste formellement avoir pris une quelconque substance interdite », explique le coureur luxembourgeois dans un communiqué. « J’insiste par conséquent pour effectuer un contrôle du flacon B. Si cette analyse devait confirmer le premier résultat, plainte sera déposée contre inconnu pour empoisonnement ». Frank Schleck a été entendu mardi soir par les services spécialisés de la Gendarmerie, l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique). Il a quitté la course et Pau dans la nuit.

« Une décision sage, la seule envisageable »

Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a qualifié mercredi matin de « décision sage, la seule envisageable » le retrait de la course du Luxembourgeois.

« Selon les règles de l’UCI (Union cycliste internationale), Frank Schleck aurait pu être au départ ce matin (mercredi). Mais avec son équipe, le coureur a décidé de se retirer. C’est une décision sage, c’était la seule envisageable », a déclaré Christian Prudhomme avant le départ de la 16e étape à Pau. « Nous avons appris hier (mardi) que Frank Schleck avait eu un résultat anormal selon la terminologie du communiqué de l’UCI. Cela ouvre le champ à beaucoup de possibilités de suites sur cette substance dite spécifiée, qui peuvent aller du simple avertissement à la suspension. C’est une palette extraordinairement large », a relevé le directeur du Tour.

Une sanction réduite ?

Pour rappel, la substance incriminée (diurétique Xipamide) a été décelée dans un contrôle urinaire analysé par le Laboratoire national de Châtenay-Malabry. Ce diurétique de la classe des thiazidiques est normalement utilisé dans le traitement de l’hypertension. Il augmente la sécrétion d’urine, donc la diurèse, et fait diminuer la concentration d’un produit dans le sang. Dans le cadre du dopage, c’est un produit masquant. Le diurétique n’améliore donc pas les performances.

Selon les spécialistes, le Xipamide est utilisé pour le traitement des œdèmes et de l’hypertension. Mais les diurétiques sont aussi suspectés d’être pris en complément de transfusion sanguine.

Le Code mondial antidopage prévoit des possibilités de sanctions réduites quand un sportif « peut établir comment une substance spécifiée est entrée dans son corps (…) et que cette substance spécifiée n’était pas destinée à améliorer la performance sportive ». La sanction peut alors être réduite à, au minimum, une réprimande. Au maximum, la suspension prévue est de deux ans.

Troisième du Tour 2011, Frank Schleck occupait la 12e place du classement après 15 étapes, à près de dix minutes du porteur du maillot jaune, le Britannique Bradley Wiggins.

RadioShack réagit

Continuer le Tour de France n’était pas possible dans ces conditions, a estimé le directeur sportif de RadioShack, Alain Gallopin, après le contrôle antidopage positif de son coureur luxembourgeois Frank Schleck.

La décision de quitter le Tour a été prise ensemble, selon le porte-parole de l’équipe, Philippe Maertens.

« On n’a pas d » explication sur ce qui s’est passé », a-t-il ajouté. « Si l’échantillon ‘B’ est positif, Frank Schleck portera plainte contre X ».

Devant la foule des journalistes massés auprès du bus de l’équipe luxembourgeoise, Alain Gallopin est revenu sur la soirée agitée de la veille.

« On est allé à la police parce que, à chaque fois qu’il y a un contrôle positif, la police vient à l’hôtel et je ne voulais pas voir les images de Frank dans un véhicule de police. La-bas, on a été en contact avec les gens de l’Oclaesp (unité spécialisée de la Gendarmerie). Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas d’affaire Frank Schleck parce que le produit n’est pas sur la liste des produits interdite par le code du sport en France », a déclaré le responsable de l’équipe.

« C’est bien qu’il ait quitté le Tour, l’équipe a besoin de travailler dans la sérénité », a estimé Gallopin. « Les coureurs sont abattus mais c’est mon travail de

motiver les troupes. On va essayer de faire le maximum, on va continuer en pensant à Frank ».

« Ce n’est pas facile avec une étape comme cela, Aubisque, Tourmalet, Aspin, Peyresourde. On va s’accrocher, Haimar (Zubeldia) est sixième, Klöden est toujours bien place, on est leader du classement par équipes mais ce sera beaucoup plus difficile sans Frank », a ajouté Alain Gallopin qui s’est exprimé avant le départ de la 16e étape, Pau – Bagnères-de-Luchon (sud-ouest).

« C’était impossible de continuer comme ça quand on voit tout ce qui se passe autour, ça n’avait pas de sens », a renchéri Philippe Maertens en confirmant :

« Frank est en route pour le Luxembourg. »

G.D & APS, avec afp, belga